Départ d’un combattant…

.. et d'un artiste humain. Son nom est Christophe Michel-Romero.

D'orages, de lourdes chaleurs, de pluies et grêles mêlées, pour certains la vie s'est en allée.

Croyants ou non, jeunes ou vieux, riches ou pauvres, les intempéries de vie que nous avons, vivons ou voyons évoluer nous rappellent que nous ne sommes que peu de choses face aux éléments. Le pire de tous restant celui de notre corps.

Heureux ou malheureux, riche ou pauvre, un jour le temps s'arrête pour nous. Préservons donc le temps qui passe. Et puis, malgré tout parfois, malgré toutes les précautions ou presque, certains s'en vont sans crier gare.

Ne reste alors que l'absence. A nous de faire avec, d'apprendre à vivre avec et à formuler le souhait de savoir l'apprivoiser.


J'adresse donc ce message à son époux, Jean Luc Romero, aux siens, aux leurs. Ils ne consolent pas, malgré tout peut être peuvent ils je l'espère, offrir un peu de réconfort. Et pour conclure cette introduction, je remercie à Christophe d'avoir existé et d'avoir su marquer ceux qu'il a croisé.

Christophe est vivant.

Jean Luc, pardonne moi cette familiarité. Pire encore d'avoir rompu ce silence que tu réclames afin de vivre en paix ton chagrin.

D'abord, parlons de ton époux, ton compagnon de combat également. Ce compagnon de vie qui savait sourire, écouter, partager. Voilà les mots de ceux qui, comme moi, sans le connaître vraiment ont pu le croiser, l'approcher. Un homme vrai, enjoué, curieux et amoureux de la vie ; un combattant pour le meilleur et pour le respect et la dignité de ses soeurs et frères humains. C'est ainsi que le décrivent ceux qui ont pu plus régulièrement le croiser, le côtoyer, sans pour autant être amis ou intimes. Sans doute avait il des défauts, des fêlures, des inexactitudes. Mais cela semble-t-il était bien caché pour ceux qui ont eu à le fréquenter. Pour les amis proches, les intimes, la famille et surtout Jean Luc, je vous laisse le temps de nous raconter l'homme que vous perdez aujourd'hui, son histoire, ses vérités avec votre prisme.

Ensuite, je pense à ceux avec qui Christophe est né, a grandi et vécu. Et puis aussi à sa Maman avec qui aujourd'hui il poursuit son voyage. A différents moments de son existence vous êtes entrés dans son intimité. Vous l'avez connu avec sa soif d'apprendre, de vivre. Vous l'avez connu heureux ou triste, songeur, interrogatif ou rempli de doutes, enjoué ou en pleurs et peut être même en colère ? Vous l'avez vu grandir, s'affirmer, devenir homme, et devenir homme oh différent des autres aussi. Car oui, oh combien chaque humain n'est semblable à aucun autre.  Aussi, fermez les yeux, arrêtez de respirer et repartez vers ces moments de complicité, de joie, de bonheur, de malheur ou de colère que vous avez pu, du ou voulu partager avec lui. Souvenez vous des odeurs, de l'ambiance qui vous entourait, du froid ou de la chaleur qui vous enrobait. Et n'oubliez pas ces moments là. Ils sont vivants. Tout comme lui est vivant. Dès que l'espace d'un instant, vous retrouverez un bruit, un odeur ou un lieu qui vous montrera de façon espiègle qu'il se rappelle à vous. Car oui, malgré l'absence, malgré le silence, même s'il reste des non dits, il est là bien vivant avec vous.

Je pense à toi Jean Luc qui nous réclame le silence pour pouvoir souffrir tout le soûl de ta peine. Aucun mot que je puisse écrire ou dire en ces instants ne t'aideront à la calmer, cela est vrai. Je ne peux raconter quelles furent les joies et les peines, l'intimité que vous avez partagé.  Par ailleurs, j'entends déjà tout un chacun te dire qu'il faut que tu sois fort, foutaise ! Les autres te dire que tu n'es pas seul, baliverne ! Pardonne nous tous nos mots maladroits, qui pour te montrer notre respect ou notre affection, nos pensées, qui peut être, je dis bien peut être soulagerons un peu ton fardeau. Car oui, celui qui rentrera seul sans entendre sa voix, celui qui ne retrouvera pas ses bras, son épaule, ses sourires, ses yeux rieurs ou foudroyants, sa complicité, ces petits riens du quotidien, c'est bien toi. Aussi, oui, ton indescriptible chagrin, seul toi peut le porter. Puis, viendra peut être le temps de la colère ? Mais ta colère hélas n'y changera rien. Toutes les méthodes n'y feront rien, il ne sera plus physiquement présent. Pourtant, sois certain qu'il est toujours vivant. Et puis te voici en compagnie de cette bête fauve qu'est l'absence. L'apprivoiser sera sans doute un combat de plus à mener. Aussi, pour que tous les lendemains chantent encore de ces joies, de votre amour et de vos combats, n'oublie jamais qu'aujourd'hui tu vies pour deux. Si tu ries, il rit, si tu pleures, il pleure, si tu te bats, il se battra avec toi. Aujourd'hui, vous n'avez plus qu'un coeur et qu'un corps... Alors, poursuis et embrasse la vie pour vous. Qu'elle soit belle cette vie. Comme l'est son sourire. La vie, l'amour sont plus forts que la mort.
Pour conclure, je pense aussi à tous ces particuliers qui vivent le même combat que toi, vous. La mort n'est qu'une étape de la vie. Alors, même si certains partent en voyage trop tôt, vivons ! Plus que jamais vivons. Et nous conserverons ainsi nos absents toujours vivants en nous et avec nous. 

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