Dire “être mariée à son cousin est une abomination et un péché” est un propos injurieux sans incitation à la haine !

Christine Boutin est injurieuse, outrageante mais innocente.

Mardi 9 janvier, la Cour de cassation a rendu son verdict au sujet d’une condamnation visant Christine Boutin. Le tribunal correctionnel de Paris avait condamné l’ancienne présidente du Parti Chrétien Démocrate le 18 décembre 2015 pour “provocation publique à la haine ou à la violence“.

Cette décision avait été validée en appel le 2 novembre 2016. Mme Boutin avait accordé une interview à la revue Charles sous le titre “Je suis une pécheresse“. Se référant à la Bible, elle avait déclaré que l’homosexualité constituait une “abomination” :

L’homosexualité est une abomination. Mais pas la personne. Le péché n’est jamais acceptable, mais le pécheur est toujours pardonné.

Pour la Cour de cassation, “le propos incriminé, s’il est outrageant, ne contient néanmoins pas, même sous une forme implicite, d’appel ou d’exhortation à la haine ou à la violence à l’égard des personnes homosexuelles“.

La Cour de cassation a cassé et annulé les condamnations, me concernant, du Tribunal de grande instance et de la Cour d’appel de Paris pour avoir cité l’Ancien Testament. La plus haute juridiction française vient ainsi de confirmer que les libertés d’expression et de conscience existent toujours en France.

Ça reste pour autant injurieux !

De son côté, Me Etienne Deshoulières, qui défend l’association Mousse, l’une des parties civiles au procès, a « regretté » cette décision tout en estimant, au vu du terme « outrageant » employé par la Cour de cassation, que « si les associations LGBT avaient agi sur le fondement de l’injure et non de l’incitation à la haine, Christine Boutin aurait été condamnée ». « C’est prescrit. Mais si demain quelqu’un redit cela, les associations auront entendu l’enseignement de la Cour de cassation et poursuivront pour injure », a-t-il ajouté.

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