Malgré l’été, les esprits s’échauffent…

à en faire froid dans le dos.

Je me suis dit que j’allais y rester, que c’était la fois de trop et que c’était fini. Je me suis surtout dit que le monde est vraiment cruel, pour si peu.

Johan rentre chez lui dans la nuit du 14 au 15 juillet à Orléans. Le jeune homme a été pris à parti, humilié, frappé par un groupe d'individus, mineurs ou jeunes majeurs selon son témoignage, avec qui il avait déjà eu une précédente altercation, en raison de sa transidentité. « C’étaient des gens qui avaient l’air très à cheval sur leur religion. J’étais un peu l’enfant de Satan dans leur histoire. Ils ont dit que j’étais "dégueulasse", que je n’avais pas ma place sur terre, que j’étais une "saleté de gouine". J’en passe, c’était pas beau à entendre », a confié Johan sur France-info. Ses agresseurs ont même tenté de lui « rouler » dessus, après l'avoir jeté sur la chaussée. Mais il est parvenu à éviter le pire et s'enfuir.

Ça aurait pu être pire, si je n’avais pas réagi assez tôt, si je n’avais pas eu les bons réflexes. J’ai encore peur de sortir le soir seul et de rentrer, j’évite de sortir trop tard, j’attends de m’en remettre.

Une manifestation de soutien.

Pour soutenir Johan et dénoncer les agressions transphobes, le Parti Communiste, où il est adhérent, a organisé un rassemblement de soutien jeudi 19 juillet à 18heures, place de la République.
"Les questions de transphobie et d’homophobie font partie de nos revendications depuis longtemps, explique Mathilde Moulin, jeune militante. Il nous paraît important de soutenir ces personnes en cas d’agression. On dit que ça n’a pas lieu d’être, que personne ne doit être agressé pour ce qu’il est. En quoi ça dérange ces gens ? Johan ne fait pas barrière à leur vie, à leur façon d’être !"
Le Groupe Action Gay et Lesbien du Loiret (GAGL 45) a fait savoir qu'il serait sans doute présent lors du rassemblement. "On est évidemment disponibles pour soutenir la victime. Nous souhaitons discuter avec lui, l'accompagner pour son dépôt de plainte au commissariat."
Selon Christophe Desportes-Guilloux, le secrétaire du GAGL, Johan n'a pas souhaité porter plainte car son état civil ne correspond pas à son identité. Une décision qui laisse Christophe Desportes-Guilloux perplexe, étant donné les bonnes relations de l'association avec la police d'Orléans.
"On lui a également proposé l'accès à un psychologue, y compris en urgence, et de l'accompagner pour son changement d'état civil. C'est une proposition que l'on a fait hier après-midi, pour l'instant nous n'avons pas de réponse." déclarait Christophe Desportes-Guilloux le 17 juillet.
Pour lui, porter plainte est une étape importante pour lutter contre la transphobie. Mathilde Moulin, elle, n'en revient toujours pas. "J’espère que ces gens ne sont pas conscients qu’ils ont failli tuer quelqu’un, mais j’ai bien peur que si. Il y a des gens qui en sont à ce point : vouloir tuer quelqu’un pour sa différence."

 

Lorsque Johan évoque sa transidentité, c'est un témoignage poignant qu'il nous livre :

Tous les jours on me met au féminin, on parle à une fille alors que ce n’est pas ce que je suis. Je n’ai pas ma place dans mon corps, ce n’est pas le bon" témoigne Johan. Il parle d'un sentiment qu'on peut difficilement expliquer. Aujourd’hui je me sens mal dans ma peau, ma poitrine me dérange, mes parties génitales et ma voix aussi. C’est féminin, et moi je suis masculin.

La rédaction Inverti se joint à Urgence Homophobie et Stop Homophobie pour apporter tout notre soutien à Johan. Nous souhaitons de tout coeur qu'il se rétablisse au plus vite et qu'il puisse vivre au mieux son identité.

Source : France Info.
Crédit photographique :  Libre de droits.

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