Marseille : il a vécu l’enfer en 48h, retour sur ce week-end d’horreur de Zak Idriss Ostmane.

Ce n’est pas un vieux polar mais bel et bien un instant qui restera à jamais gravé dans la mémoire de Zak Idriss Ostmane.

Marseille, son stade, sa Cannebière et ses bars gays. Comme dans toutes les grandes villes de France, le week-end, les bars gays sont pris d’assauts. Espace de relâchement, de détente, difficile de croire que ce lieu peut être un point de départ à une sordide histoire. Pourtant, c’est ce qu’a vécu Zak Idriss Ostmane. Pire, il n’est pas le seul à en être victime mais il est le seul à témoigner ouvertement.

Zak Idriss Ostmaneest est arrivé en France en 2014 comme journaliste freelance. Il milite au sein d’une association d’entraide pour les Maghrébins victimes d’homophobie, Shams France.  Zak Ostmane est l’auteur en 2016 d’un essai autobiographique intitulé « Genre interdit : nos années noires, entre totalitarime et obscurantisme. Mes luttes, ma liberté, mon exil ». Il se décrit comme « un jeune blogueur algérien, écrivain engagé pour le droit des minorités ».

Vendredi 3 mars 2017, il se rend à son bar fétiche à Marseille, le Polikarpov. Il commande une première bière, profite de la soirée, puis en commande une deuxième. Nous ne sommes pas toujours devant notre verre. Mais quand nous sommes seul, c’est une erreur qui peut nous être fatale. Quand il revient à son verre, il boit une nouvelle gorgée. 10 minutes plus tard, sa tête commence à tourner quelque chose ne va pas.

Tout va alors s’enchaîner. Un homme l’accoste et lui propose son aide. Il va lui proposer de l’accompagner. Zak Idriss Ostmaneest va accepter alors qu’à l’habitude, il refuse catégoriquement. Il va arriver dans un hôtel. Il s’assoit sur un lit. Essaie de comprendre ce qu’il se passe, prendra une nouvelle gorgée d’une bière et fut assommé.

Il reviendra à lui quelques instants plus tard. Le cauchemar continue. Son agresseur est en train de le violer. Il essaiera de se débattre mais en vain. Il sera obligé à la fin de prendre une douche pour se nettoyer. Le deuxième individu viendra à son tour et demandra à Zak de coucher maintenant avec lui. Zak refuse, et recevra des coups.

Il sera dépouillé, argent, bijoux, carte bleu. Il sera également soulé de force. Il sera ligoté et roué de coups durant toute la nuit. Un de ses agresseurs va voir sa chaine en or et son étoile de David. Il va alors partir dans un discours déroutant :

Vous les Français vous détestez Trump, mais il va être un grand président. Il veut lutter contre le terrorisme, mais vous ne nous aidez pas, vous n’aidez que les noirs et les arabes. C’est dommage qu’Hitler n’ait pas eu le temps d’en finir avec les juif.

Le soleil se lève mais le calvaire continue. Zak ne peut parler ou appeler à l’aide. Les agresseurs l’ont prévenu, s’il parle, ils le tuent. Durant la journée, un des deux s’enferment regarder des pornos dans la pièce d’à côté pendant des heures.

Il se retrouvera pour quelques secondes seul dans la pièce. Il posera alors son regard sur une voiture de police en contrebas, au pied de l’hôtel. Il sait très bien qu’il risque de mourir s’il ne fait rien. Zak trouvera alors la force d’ouvrir la fenêtre et d’appeler la police.

Après une confrontation le mercredi suivant, ses agresseurs seront reconnus et arrêtés. Le motif : Zak aurait tenté d’embrasser l’un des deux hommes. Un des deux avouera avoir été obligé de violenté Zak, sinon c’était lui qui y passait.

Un cas qui n’est pas isolé.

Vous avez tous déjà entendu parlé de la pilule du violeur. Cette petite pilule glissée dans un verre à votre insu. Il s’appelle François, David ou Mohamed. Vous l’avez quitté car vous rentrez tôt ou alors c’est lui qui partait. Le lendemain, vous apprenez qu’il s’est retrouvé dans une chambre d’hôtel. Soit la personne est partie soit elle fait fi de ne pas comprendre le malentendu.

Nous avons tous déjà entendu cette histoire dans notre entourage avec des amis qui l’ont hélas vécu. Une relation sexuelle non consentie est un viol et même s’il est parfois difficile d’en parler, il ne faut pas se taire. Ce n’est pas de votre faute si vous avez suivi ce mec. Ce n’est pas de votre faute si vous vouliez passer la nuit avec ce mec. Et c’est encore moins de votre faute s’il vous a drogué pour vous violer.

Sources : Ouest-France, La Provence, Yagg, Shams France

Donnez votre avis !