Paris : Une Gay Pride – Marche des fiertés qui déchaîne toutes les passions.

Militants d'extrême gauche, hommes déguisés en chien, bonnes sœurs avec des testicules, associations de policiers LGBTi, la marche des fiertés parisienne engendre toujours de nombreux débats.

Il y avait du monde ce week-end dans les rues parisiennes. Des centaines de milliers de personnes étaient dans les rues de la Capitale pour marquer le tragique anniversaire du début des émeutes de Stonewall. Les policiers new-yorkais voulaient réduire à silence les homosexuels qui pratiquaient la sodomie entre hommes dans ce bar, ce qui était interdit. S'en suivit des émeutes traversant tout le pays.

Pour garder en mémoire cette lutte, une femme va créer une marche un mois après le début des émeutes new-yorkaises, puis celle du 1er anniversaire. Brenda Howard est  connue comme la « mère de la Fierté », dirigeante de la première heure du Gay Liberation Front et de la Gay Activists Alliance. Elle va coordonner la commémoration du premier mois anniversaire des émeutes, puis le premier anniversaire en organisant la Christopher Street Liberation Parade à New York le 28 juin 1970. San Francisco et Los Angeles créèrent également leur marche cette même année.

En Europe, la première marche pour les droits LGBT aura lieu en Allemagne, à Münster en 1972. Pour d'autres, c'est la manifestation à Londres en 1970 qui serait la première marche européenne. Toutes deux ne réunirent à l'époque qu'une centaine de personnes. Ce qui est sûr, c'est que dès les années 70, des groupes de personnes LGBT participèrent à différentes manifestations pour faire entendre leurs droits, comme à Paris en 1971 lors de la fête du 1er Mai malgré l'opposition farouche de la CGT.

Et dès les débuts, les polémiques commencèrent.

Par leurs marches et leurs revendications, les personnes homosexuelles, bisexuelles vont être la cible de politiques ou d'individus homophobes. La présence de personnes transgenres va attirer les foudres des défenseurs de la famille hétérosexuelle, la norme depuis plusieurs centaines d'années en occident. L'épidémie du VIH, les débats sur le pacs, le mariage pour tous, la PMA, la GPA vont continuer d'alimenter les éternelles débats médiatiques visant à discrédité la sexualité homosexuelle.

Les marches à travers le monde vont alors porter un message universel : la liberté sexuelle pour tous. La tolérance vis à vis des uns et des autres et de leurs pratiques sexuelles. Les marches militent pour la fin de la stigmatisation LGBTi et pour l'égalité des droits entre couples hétéros comme homos.

Beau discours qui a hélas des difficultés à être entendu à l'intérieur même des associations LGBTi. La prostitution va être la première scission politique entre les associations LGBTi parisienne qui s'étaient toutes réunies pour dénoncer l'impuissance médicale face au VIH. Puis viendra la GPA, le sort réservé aux réfugiés LGBTi ainsi que la légitimité de l'association LGBTi Flag.

La fin de la tolérance.

A Paris, une contre marche des fiertés aura lieu la veille. Son nom : la Pride de nuit. Pilotée par l'extrême gauche, cette marche se positionne comme une marche revendicative pour les droits LGBTi français et étrangers, contre le pinkwashing et les répressions policières. Les associations policières non pas le droit de citer, ni même les soutiens blancs hétérosexuels.


Ce 2 juillet, juste devant les motards qui ouvrent traditionnellement la marche des fiertés, un collectif avait donné rendez-vous à ses militants et ses sympathisants. Ils appelaient à dénoncer le traitement réservé aux homosexuels par les religions surtout chez les musulmans et protestaient contre la répression policière. Les curieux ont pu entendre :

Tout le monde déteste la police !

Nous voilà retombé soit dans une manifestation contre les lois Travail soit dans un cortège FN.

Flag a tout de même réussi à se faire une place cette année dans le cortège. Sous surveillance rapprochée, l'association des policiers et gendarmes LGBTi marcha aux cotés de ses consœurs européennes.  Leur entrée se fera via une petite rue parallèle, non loin du départ officiel de la marche. Leur présence a semblé être juste tolérée mais pas assumée.

Les homophobes toujours aussi homophobes...

Les hommes torses nus, en boxer, sur des chars ou dansant derrière eux, les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence ainsi que les dragqueens, les fétichistes déguisés en chien sont la cible de l’extrême droite ainsi que de la droite. Que ce soit cet élu de Thiais ou de Nadine Morano, les populistes s'unissent pour un même combat, l'échec du notre. Ils  taguent notre drapeau et nos couleurs, nous insultent, nous agressent physiquement, ils ont plusieurs solutions pour nous faire trembler et nous faire échouer.

Et les homos toujours aussi peu unis !

Hélas pour nous, nous nous divisons que ce soit à cause de sujets politiques ou de santé public. Pire, les querelles de clochers sont toujours hélas bien présentes et certaines associations essaient de garder le projecteur médiatique sur elle-même, au détriment de la lutte.

Les personnes LGBTi sont également critiques vis à vis de cette marche ou de cette communauté LGBTi. Ces orphelin(e)s de l'espérance humaine chez les homosexuel(le)s continuent de critiquer cette communauté qui leur serait étrangère alors qu'elles/ils en font parti(e)s malgré elles/eux.

Nous devrions pourtant être soudés en un front unique contre ces homophobes au sens large, populistes, intolérants qui militent contre notre liberté sexuelle. Hélas, nous apparaissons d'autant plus fragile, tendant le cou pour mieux recevoir notre peine.

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