Têtu à nouveau placé en liquidation judiciaire.

Têtu, l'éternel Phoenix qui n'arrive pas à renaître de ses cendres.

Un an après son retour dans les kiosques, Têtu est de nouveau mis à l'arrêt. Idyls Media, propriétaire du magazine Têtu ainsi que du site internet a été reconnue en cessation de paiement et placée en procédure de liquidation judiciaire.

Avec un peu plus de 50 000 € d'actifs mais des charges à la hauteur de 230 000 €, le compte n'y était pas.

Un site à l'arrêt, un magazine qui n'a pas trouvé son public.

Le site Têtu.com est de nouveau figé dans le temps avec des articles datant de début mars. Pour le magazine, qui se voulait plus militant que beaux gosses sur papier glacé, cette version voulu de Têtu n'a hélas pas trouvé son public. Et sa dernière sortie n'est restée que virtuelle.

La place est prise.

HuffigtonPost, Libération, Le Monde, Konbini et pour la télévision FranceInfo, en quelques années, les médias généralistes sont devenus GayFriendly. La moindre information issue du milieu gay y est révélée. Une aubaine pour la lutte contre l'homophobie qui s'émancipe des médias LGBTi.

Le revers de la médaille, est que ces médias militants LGBTi voient leur nombre de lecteurs fondre comme neige au soleil. Le premier à en souffrir était la célèbre plateforme Yagg. Puis Têtu a suivi.

Actu LGBTi ou actu porno ?

L'esprit communautaire ne fait plus vendre, certains se sont donc inspirés des codes des magazines ou sites hétéros.  Pourquoi parler de genre sexuels dans les médias ? Car hélas, le physique et le cul font toujours recette.

Playboys, FHM et bien d'autres survivent tant bien que mal au temps qui passe. Et un acteur du milieu gay va également exploiter ce filon : Christophe Soret.

Qweek, Garçon Magazine, Codes de Gay, après l'industrie du porno amateur, Christophe Soret réussi son pari de conquérir la presse gay, soit en fondant ses propres éditions, soit en les rachetant. Sa recette, des interviews certes, des reportages certes, mais également des pectoraux, des beaux gosses et du papier glacé. Car même si ça ne permet pas de fidéliser le lecteur, ça le fait au moins venir. Pour le reste, c'est le contenu à l'intérieur qui doit prendre le relai.

Et pour l'instant, cette équation réussie. Qu'importe l'image racoleuse que peuvent avoir les Unes de ses magazines, Christophe Soret l'assume et ça fonctionne.

Certains de ses concurrents Internet vont même plus loin, et offre une place très présente à l'actualité pornographique comme le propose le site e-llico.

Des médias LGBTi qui doivent donc choisir entre l'aspect militant peu vendeur ou l'aspect "pute à clic*" qui hélas fonctionne toujours autant.

*Pute à clic : Expression qui désigne les sites ou les articles, qui à travers des titres racoleurs ou des sujets légers, frivoles vous invitent à cliquer pour être lus. Plus vous êtes nombreux à cliquer, plus vous générez du trafic et plus la publicité rapporte et plus ça continue.

 

 

 

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