Un marquis à la dérive sur le net :

On est champion de rien du tout...

Le 15 juillet 2018 23 joueurs et leur sélectionneur ont remporté la finale de la Coupe Du Monde de football. Cela est un fait. La liesse populaire s'est emparée des rues de la France entière. Ceci est aussi un fait. Le président français a rendu hommage à sa manière aux soldats français qui eux aussi défendent les couleurs de notre pays en conviant à cette finale un grand blessé militaire au Mali. Ceci est également un fait.
Mais, "on est les champions !" ou "on a gagné !" et tous leurs dérivés, là pardonnez moi, mesdames, messieurs, mais qu'avez vous gagné ? Un moment de rêve, un mirage le temps d'une soirée ou nuit, rien de plus.
Car, hélas, si nous pouvons constater qu'une certaine communion de l'unité nationale existait aux chants de La Marseillaise ou de "Vive la France !", la situation économique et sociale de la France, elle reste celle d'avant et d'après match. Les réformes économiques et sociales en cours menées par notre gouvernement actuel ne vont en rien vous rendre plus heureux ou mieux plus riches. Non, tout à rebours, les prochaines réformes annoncées ne feront qu'affaiblir les plus faibles et qui sait, parfois, permettront encore, aux plus riches de poursuivre un peu mieux ou de façon plus rapide leur enrichissement. Et tout ceci est fait au nom du progrès.
Mais bon, vous avez tous gagné la Coupe du Monde de Football, même les casseurs. Mais vous n'êtes champions de rien du tout...
En tout cas, je remercie ces joueurs et ce sélectionneur d'avoir su vous faire râler (oui, oui, souvenez vous) et vous avoir fait connaître la joie.

Mais que font Morano, Boutin et les autres...

Donc après la Marche des Fiertés, nos habituelles homophobes ont partagé leur émoi, courroux et autres diatribes en publiant des fakes news sur le comportement scandaleux de certains marcheurs...
Et à l'issue de la finale de la Coupe du Monde de Football, chacun y est allé à son exubérance pour exprimer sa joie "d'avoir gagné".
Mais là, bizarrement, rien, nada, wallou ! Personne ne crie au scandale de voir des hommes nus monter sur des édifices publics et s’exhiber ainsi. Nous, cela nous laisse juste songeur à la rédaction... Et songeur est un terme "inapproprié". Nous rions jaune.
Et nous nous permettons juste de dire à ces personnes qu'en se montrant nu, ces personnes sont passibles d'amendes... Bah oui, nous aussi nous savons râler... bien que nous nous contre foutons finalement de ce qu'elles ont bien pu faire. C'est leur vie.

Et au Liban...

souffle une très légère brise de liberté pour les LGBTIQ+.

"A la cour d’appel pénale du Mont-Liban, Randa Kfoury a rendu jeudi dernier, 12 juillet, un verdict dans lequel elle a acquitté deux personnes accusées d’homosexualité. En confirmant la décision du juge unique pénal du Metn, Rabih Maalouf, qui avait décrété en février 2017 que ces personnes inculpées (dont l’identité n’a pas été révélée) ne sont pas passibles de poursuites, la juridiction de deuxième degré inscrit son arrêt dans une tendance désormais bien précise de certains magistrats à ne pas incriminer ceux qui entretiennent des relations avec des individus de même sexe.

Cette avancée avait été initiée en décembre 2009 par le juge unique pénal de Batroun, Mounir Sleiman, qui avait alors défrayé la chronique en ordonnant la relaxe d'un homosexuel. La « révolution » s’est poursuivie en 2014 lorsque le juge unique pénal du Metn, Naji Dahdah, a acquitté une transsexuelle inscrite dans le registre d’état-civil comme étant de sexe masculin et accusée d’avoir des relations sexuelles « contre nature » avec des hommes."

C'est ainsi que relate les faits un journaliste local. Cela laisse encore bien du chemin à faire. Mais, il est certain que le Liban, terre d'accueil s'ouvre un peu plus chaque jour à reconnaître non des droits mais au moins de vivre librement aux membres de la communauté LGBTIQ+.
Et dans le même temps dans un communiqué du 11 juillet, Amnesty International dénonce des manquements aux droits humains.
Des défenseurs des droits humains sont soumis à un chantage pour signer des déclarations illégales dans lesquelles ils s'engagent à ne plus commettre certains actes en échange de leur libération.
Plusieurs personnes ont été arrêtées récemment pour avoir exprimé leur opinion politique ou en raison de leur militantisme en faveur des droits humains, et ont été détenues, interrogées et soumises à des actes d'intimidation avant de se voir ordonner de signer ces engagements en échange de leur libération.
« Ces soi-disant engagements ne sont rien d'autre qu'une manœuvre d'intimidation et n'ont aucun fondement légal en droit libanais, a déclaré Lynn Maalouf, directrice des recherches sur le Moyen-Orient à Amnesty International.
« Les autorités s'en servent pour réduire au silence les militants et les personnes qui n'auraient, au départ, jamais dû être arrêtés.
« Des militants pacifiques comptent parmi ceux qui sont détenus et interrogés, puis soumis au chantage d’être libérés à condition de signer ces engagements. C'est un signe inquiétant de la dérive des autorités vers la restriction des droits des citoyens d'exprimer librement leur opinion ou de mener des activités en faveur des droits humains. »
Ces engagements sont un morceau de papier tamponné par les forces de sécurité et militaires concernées, sur lesquels les détenus s'engagent par écrit à ne plus commettre tel ou tel acte. Ils n'ont aucun fondement légal en droit libanais et ne sont pas juridiquement contraignants. Les militants qui connaissent leurs droits refusent souvent de signer, et sont tout de même libérés.

Amnesty International a examiné plusieurs cas dans lesquels les garanties d'une procédure régulière – notamment le droit à un avocat – n'ont pas été respectées. En outre, des militants ont déclaré qu'ils avaient été témoins d'actes de torture et d'autres mauvais traitements infligés pendant leur détention.
Autre fait inquiétant, Amnesty International a découvert que les autorités militaires et les services de sécurité avaient un accès détaillé aux données personnelles de nombreux militants, notamment à des versions imprimées de leurs échanges sur WhatsApp et par textos, et de leurs appels téléphoniques.

Et puis...

Malgré la haine, parfois des solidarités naissent et se développent.

Critiqué et insulté après avoir embrassé son copain dans le métro, un gendarme de São Paulo inspire une mobilisation de ses collègues LGBT dans les services de sécurité du pays.

#Somostodosprior, «Nous sommes tous Prior». La mobilisation s’organise dans les différents corps de sécurité brésiliens après la mésaventure survenue à un membre de la Police militaire de São Paulo. Leandro Prior, un gendarme de 27 ans, est victime d’insultes et de menaces de mort depuis qu’une vidéo privée où on le voit en uniforme embrasser un homme dans un métro de la ville a fuité sur les réseaux sociaux.

Certains des messages de haine émanent de collègues du jeune gendarme. «Il déshonore ma corporation. Il mérite la mort par lapidation. Saloperie de pédé!» écrivait l’un d’eux, membre des commandos de la police militaire, sur Facebook, fin juin (il a entre-temps démenti être l’auteur du post, affirmant que son compte avait été «hacké»). Le gouverneur de São Paulo, Márcio França, s’est mêlé de l’affaire, reprochant au soldat Prior d’avoir «manqué de respect» à l’uniforme: «Je ne vois pas le sens de porter son arme et son uniforme, et en même temps faire des gestes d’amour en public, que ce soit avec un homme ou une femme.»

Pour conclure.

Dans cette euphorie quasi générale, j'espère que vous passerez tous une excellente semaine. Quelle soit footeuse ou studieuse, vacancière ou laborieuse, tentons de rester positifs et surtout heureux d'être celui ou celle que nous sommes. Toujours aussi curieux de l'Autre également car parfois, cela permet de croiser de belles et formidables personnes. Nous avons une chance folle. C'est que nous apprenons chaque jour de notre vie, et ainsi, même pauvres nous sommes plus riches, au moins de l'Autre et du savoir qu'il partage avec nous.

 

Votre dévoué,

 

 

Crédits photographiques : Libres de droits -

Une pensée sur “Un marquis à la dérive sur le net :

  • 16 juillet 2018 à 16 h 46 min
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    Le monde moderne n’a rien inventé. Les jeux olympiques tout comme la coupe du monde, sont là pour distraire le peuple et se faire de l’argent dessus, les écarter de la vie politique et de leur misère…

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