Vive Poutine le grand démocrate !!!!

La solution pour ne pas devenir gay ?

Frapper les filles, selon un magazine russe...

Il y a quelques jours, le Moscow Times gratifiait ses lecteurs d'une tribune du critique musical Artemy Troitsky présentant Harvey Weinstein comme la «victime» d'une campagne de calomnie, et la Russie comme l'un des derniers bastions chrétiens civilisés qui saurait résister au mouvement #MeToo...

Voilà maintenant que le magazine Schastlivye Roditeli («Parents heureux») publie dans ses pages de février les bons conseils de deux psychologues interrogés sur les réactions à avoir en cas de harcèlement subi à l'école... Et ça fait très peur.

«Le sens de la virilité».

La première psychologue pour enfants interrogée, Maria Vishnyakova, recommande aux parents d'encourager leurs enfants à partager leurs sentiments, et à tenter de faire comprendre à leurs harceleurs qu'ils les blessent, avant de leur demander d'arrêter.

Un conseil qui semble plutôt judicieux. Mais qui se conclut ainsi: il serait de bon ton que les pères apprennent à leur fils les meilleures techniques pour se défendre «cela l'endurcira et lui donnera le sens de la virilité».

En revanche, «si vous avez une fille, vous devriez immédiatement faire savoir à chacun de ses agresseurs que cette fille est sous votre protection et qu'ils ne peuvent pas se comporter ainsi». Heureusement donc, que les filles ont les garçons pour veiller sur elles.

Préserver une sexualité «positive».

L'avis du deuxième psychologue, Evgeny Idzikovsky, est encore plus radical: il faut «agir en fonction des circonstances», c'est-à-dire rendre coup pour coup. Mais tout le monde ne doit pas se lancer à corps perdu dans la bataille : «À partir du moment où une fille commence à se battre, elle cesse d'être une fille et devient une agresseuse. Et vous devez la frapper. C'est simplement la bonne chose à faire.» La «bonne chose», c'est de former les garçons à être des garçons. À cet égard, le plus grand danger qui les menace serait de blesser leur virilité sous les coups de leurs petites camarades féminines: si un garçon se trouvait attaqué par des «filles arrogantes», il subirait «l'humiliation» de son sexe. Pis encore, Idzikovsky met en garde: «Cela pourrait influencer négativement son orientation sexuelle». En d'autres termes: un garçon qui se laisserait battre par une fille sans riposter risquerait de devenir gay...

Que les filles restent entre filles, les garçons entre garçons et le sexisme sera bien gardé, semble donc conseiller Idzikovsky.

Et dans le même temps...

une vidéo homophobe brandit la "menace homosexuelle" pour inciter à voter Poutine.

Une vidéo appelant les électeurs russe à voter pour Vladimir Poutine à l'élection présidentielle du 18 mars, sous peine d'affronter un "cauchemar" dans lequel ils devront héberger des gays chez eux, était devenue virale en Russie lundi.

Cette vidéo dont les auteurs sont inconnus, diffusée dès vendredi sur les réseaux sociaux, totalisait déjà plus de trois millions de vues lundi.

Affichant au casting une brochette d'acteurs connus, cette vidéo commence par montrer un père de famille qui, après avoir affirmé ne pas aller voter, se retrouve en rêve dans un monde sans Vladimir Poutine.

Il se voit alors obligé de partager son toit avec un homosexuel peu sympathique, installé dans sa cuisine en train de se faire les ongles, puis de manger une banane dans une pose très suggestive.

Ce passage fait référence à la candidate libérale Ksenia Sobtchak, qui s'est prononcée pour la légalisation du mariage homosexuel en Russie, une perspective peu probable dans ce pays très conservateur.

Incitation à la haine envers les homosexuels.

Lundi, Ksenia Sobtchak a condamné cette vidéo, ajoutant sur sa page Instagram que "présenter la communauté LGBT comme une menace n'est pas une plaisanterie".

La vidéo, également accessible sur YouTube, a été particulièrement regardée sur la page Facebook d'un analyste politique soutenant le Kremlin, Alexandre Kazakov, qui se présente comme un conseiller des séparatistes prorusses installé à Donetsk (est de l'Ukraine).

Contacté par l'AFP, Alexandre Kazakov a dit "ignorer qui a commandé et qui a fabriqué" la vidéo en question.

Deux autres vidéos, visant à mobiliser l'électorat avant l'élection présidentielle sans surprise organisée le 18 mars, ont été simultanément diffusées.

Dans la première, qui porte le titre de "Sexe et vote : réservés aux adultes" et a été visionnée sur YouTube plus de 700.000 fois, une jeune fille fait la connaissance d'un jeune homme dans une boîte de nuit. Avant de l'embrasser, elle lui demande s'il a bien 18 ans et, après sa réponse affirmative, s'il a bien été voter à la présidentielle

Sa réponse étant cette fois négative, elle disparaît en lui lançant : "Et tu dis que tu es un adulte ?".

La deuxième vidéo montre la course effrénée d'un chauffeur de taxi pressé par sa cliente enceinte, qui le fait s'arrêter devant un bureau de vote où elle peut voter à la dernière minute.

Le taux de participation est la principale préoccupation du Kremlin, l'opposant numéro un Alexeï Navalny ayant été écarté de la présidentielle et appelant à boycotter le scrutin.

 

Source : AFP.

Donnez votre avis !