Piou ! C’est loin d’être geek !

J’entends déjà les “c’était mieux avant” !

Et bien là, pas tant que cela, même si le VIH n’existait pas. Pourtant, à en croire certains qui voudraient voir revivre certaines plus ou moins glorieuses heures ou jours passés, là, j’admets que juste par curiosité, j’aurais parfois aimé savoir en goûter de ces fruits défendus (enfin in vivo).

Nous sommes aux débuts des années 80 et depuis une dizaine d’années les gay et les lesbiennes se battent pour leurs droits, bien décidés à s’imposer en communauté, s’entraider et ne plus se laisser discriminer. “C’est ce qui m’a le plus touché dans cet ouvrage, explique Matt, on y décèle une communauté en train de naître et s’organiser, qui a compris qu’il était nécessaire de s’associer et de se faire connaître que ça aille du gardiennage d’animaux aux détectives privé.” Impossible effectivement aujourd’hui de ne pas voir cet ouvrage sous le prisme d’un instantané d’une époque où internet et les téléphones mobiles n’existaient pas et où la visibilité était un acte de courage non dénué de dangers. “Malgré les énormes tirages, il est très difficile de trouver des exemplaires originaux, ajoute Matt, beaucoup d’amis subjugués par l’objet me demandaient où ils pouvaient l’acheter. C’est pour ça que j’ai décidé de lui donner une seconde vie, à la fois pour la jeune génération pour qui un annuaire papier est devenu quelque chose de totalement obsolète et leur montrer ce que pouvait être la vie gay de l’époque, mais aussi pour tous ceux encore en vie qui justement s’en souviennent et pourront nous en parler.”

Le plus poignant effectivement est cette bouffée de nostalgie qui se dégage de cet annuaire arc-en-ciel qui date d’une période où les premiers cas de sida signalés vont décimer les espoirs d’une communauté en pleine construction. Sans oublier que, à l’heure où la question d’un lieu consacré aux archives LGBT occupe plus que jamais l’agenda de la communauté gay et lesbienne, cet objet utilitaire aurait aujourd’hui toute sa place dans un musée dédié par sa manière de tisser en creux et sans le savoir les fils de tout un tas d’histoires, de luttes, de lieux, de manières de vivre et d’individus qui restent (encore) à raconter.

Un vrai moment de bonheur pour Yvette Leglaire ( avec une telle histoire !) et d’autres sans nul doute ! Personnellement, je ne savais même pas encore ce que sexe voulait dire. Alors homo-sensuel, pensez vous !

 

Source : Les Inrocks

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