Un marquis à la dérive sur le net :

Encore une drôle de semaine.

C’est très étrange de relire “Indignez-vousde ce révolutionnaire de Stéphane Hessel. Que nous parlions droits des LGBTIQ+ ou autres… Je préfère relire ce livre plutôt que de mettre le nez dans le “brûlot” de F.Hollande, allez savoir pourquoi ?

Il nous appartient de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers : pas cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l’égard des immigrés, pas cette société où l’on remet en cause les retraites, les acquis de la Sécurité sociale, pas cette société où les médias sont entre les mains des nantis, toutes choses que nous aurions refusé de cautionner, si nous avions été les véritables héritiers du Conseil National de la Résistance.

Car c’est bien une semaine encore chargée en maux, en mots et en carabistouilles que nous venons de vivre.

Nous avons d’abord l’élément central et du haut de la pyramide de notre Nation, notre Vénéré Président Jupitérien Manu Ier qui a forcé l’exercice de style dans pléthore de de communication. De façon directe et indirecte, il a voulu démontrer que Sa Grandeur marchait bien droit dans ses bottes de Chef suprême ! Et je ne voudrais pas dire que cela est loupé. Non, c’est bien pire encore. C’est totalement foiré !

Passer prendre un Pernod dans une classe de CE2 dans  un “trou du cul du monde” rural, histoire de faire proche du petit peuple français, même à 13 heures. Cela n’a pas rassuré l’opinion, loin s’en faut.

Prévenir dès le lundi précédent qu’avec le “mad and crazy” américain et l’anti-tout (et pas toux) de May britannique, nous réservions un feu d’artifices pour fêter dignement le gazage de la population syrienne. Non seulement c’était nul comme feu d’artifices, mais nous ne savons pas si le résultat obtenu soulagera réellement qui que ce soit ! Ne rien faire eût été criminel certes, mais agir ainsi ressemblât plus à une pantalonnade ! Dans le même temps, les Yéménites vont très très bien, rassurons nous…

Et alors en terme de foirage absolu, dans tous les sens du terme, fût l’apothéose de dimanche soir ! Quel fabuleux exercice de style nous avons pu vivre ! Ma vraie difficulté pour en comprendre toute la subtilité (de l’exercice) fût déjà de savoir si nous étions le 15 avril 2017 ou 2018 ? Avions nous droit à un débat d’entre deux tours de l’élection présidentielle ? Ou bien à une discussion serrée entre le Président de la République et deux journalistes ? Et bien, sur la forme au moins, ni à l’un ni à l’autre ! C’était juste un pugilat ! Un moment chiant de télévision où trois interlocuteurs tentaient de fracasser l’autre. Dans le même temps sur France 4 était diffusé le King-Kong de 2005. Finalement, j’ai bien fait de regarder l’interview présidentielle en replay. C’était comme dans King-Kong ! Les trois acteurs du show ont fait vivre tous les intervenants du film. Seule ombre au tableau, je n’ai pas vu Brigitte Macron tenir le rôle principal féminin. De ce point de vue, j’étais déçu.  A plusieurs reprises, je me suis exclamé que c’était encore plus gore que la scène avec les insectes géants ! Tout le monde flinguait tout le monde ! Bravo, belle parodie ! J’ai tout de même préféré le remake américain de King Kong.

Et si vous me le permettez, je vais éviter les sujets de fonds concernant ces différentes interventions médiatiques. Ou alors, juste faire un petit résumé façon liste à la Prévert, ponctuée d’onomatopées !

  • ZAD de NDDL : Zone à (plus) défendre = Plouf et boum.
  • Grève SNCF = Flop et plouf.
  • Grève des Universités = Aïe et ouille. Et non houille, car en France, on n’en extrait plus !
  • Grève Air France- KLM = Pffff et Beurk.
  • Grève de la Justice =  Bouh et ZZzzzzzzz.
  • Grève des CHU ou monde hospitalier = PAN et plouf.

Je poursuis ? Non, cela devient chiant, j’en conviens.

Il est certain que ce qui m’inquiète le plus avec le développement des conflits sociaux, n’est pas tant qu’ils se développent, c’est plutôt le manque évident de volonté d’y apporter des réponses claires et efficaces d’un côté et le silence absurde d’une majorité de la population (hors sondages commandés par les arcanes des pouvoirs) et qui ne commencera à grogner que lorsque l’on viendra “enfin” s’attaquer à son petit privilège ou acquis. L’individualisme gagne des pans entiers de notre société parfois jusqu’à l’absurde. Et dans le même temps, le vivre ensemble et la nécessaire égalité de traitement par l’Etat de la communauté nationale se décompose, comme le dirait Audiard, façon puzzle.

Pour exemple, j’en prendrai deux.

Le premier est ce coup de gueule magistral de J. Toubon d’abord sur l’inégalité d’accès aux services de l’Etat pour l’ensemble de nos concitoyens.

Le second est le SCUD envoyé par le Président Macron pour trouver le financement des moyens supplémentaires nécessaires aux EHPAD.  Une deuxième journée de solidarité serait envisagée. Réaction de base, sachant que cela ne couvrira tout au plus qu’1/10e des besoins numéraires, c’est NON ! Super, j’applaudis à quatre mains s’il le faut. Alors d’abord en tant que salarié en réfléchissant un peu, je me dis que je peux bien être capable de donner 2/365e de mon temps pour les plus âgés. D’une parce que mes grand-parents et parents seront peut-être tenus de passer par cette case, et moi même aussi, un jour, qui sait, d’autre part. Et pour pousser le rapport jusqu’au bout, mes parents m’ont consacré plus que 2/365e de leur temps pour me “dresser”.

Bref, c’est sur cette froide colère que je vous laisse, car j’ai l’impression que pour beaucoup de Français, tout cela n’est que de la poudre de perlimpinpin. Je vous souhaite à tous une excellente semaine à priori estivale en France métropolitaine, tout du moins. Vous me pardonnerez de vous quitter ainsi, j’en suis certain, j’ai piscine.

Votre dévoué,

 

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