“Féminin/Féminin”, saison 2 :

Le lesbianisme loin des clichés.

Après une première saison en 2014, la websérie québecoise est de retour pour une nouvelle fournée de huit courts épisodes. Créée par Chloé Robichaud, cet étendard pour l’égalité vaut largement le coup d’oeil.

Steph, Anne, Alex, Léa, Julie, Emilie, Céline, Maude, Sam… Elles vivent toutes à Montréal, forment une bande d’amies solide et ont en commun d’être lesbiennes ou bisexuelles. La comparaison entre “Féminin/Féminin” et la série “The L Word” est facile et très régulièrement mise en avant, mais il faut reconnaître que les productions télévisuelles traitant d’homosexualité sont peu nombreuses voire confidentielles. Si les séries sur les gays ont fleuri ces dernières années, les lesbiennes, elles, attendent encore leur “Looking” au féminin.

“Féminin/Féminin” pourrait bien s’en approcher avec sa grande diversité dans les parcours présentés. Ce début de deuxième saison voit les personnages construits trois ans plus tôt s’émanciper. Il y a Léa, qui savoure son récent célibat, le couple formé par Céline et Julie malgré leur 15 ans de différence, ou encore Steph et Sam qui rêvent d’un enfant. Chacune d’entre elles vit ses doutes, ses angoisses et ses éclats de joie avec beaucoup de réalisme. Entre pudeur et franc parler, la dizaine de protagonistes imaginés par Chloé Robichaud, également réalisatrice de la websérie, évolue bien loin des stéréotypes de la lesbienne masculine, souvent dépeinte par les fictions.

Liberté, égalité, homosexualité

Les épisodes des deux saisons disponibles, de 10 à 20 minutes, rassemblent ces destins lors d’aventures chorales ou les isolent, pour mieux évoquer leur individualité. La réalisatrice use de moyens inventifs pour diversifier leur prise de parole : entretiens face caméra sous forme d’interviews pour un faux documentaire sur l’homosexualité, insertion d’images sur l’écran…  Chloé Robichaud, avec l’aide de Florence Gagnon (présidente du site Lezspreadtheword, qui promeut la communauté lesbienne), questionne par ce biais la notion de “féminin” et aborde de très graves sujets, du cancer du sein à la procréation assistée, en passant par la peur de l’engagement ou du regard des autres.

Des thèmes finalement universels, incarnés par des comédiennes de talent comme Alexa-Jeanne Dubé (déjà dans “Sarah préfère la course” de la même réalisatrice), Eve Duranceau (“Marche à l’ombre”) ou Eliane Gagnon et Macha Limonchik, très connues outre-Atlantique.

Autour d’elles, déjà actives dans la première saison, gravitent de nouveaux personnages comme celui de JP, transgenre et ancienne conquête de Léa et de Lara, qui vit son homosexualité en secret mais est une star des réseaux sociaux.

Après avoir diffusé les huit premiers épisodes en 2014, Studio 4 s’empare à nouveau de cette websérie militante et passionnante pour dévoiler une nouvelle aventure chaque mercredi à 18h, en parallèle de la diffusion sur ICI Tou.tv (Radio-Canada). Et il est encore temps de rattraper la première saison, et de s’attacher à ces femmes libres et inspirantes.

Source : TéléObs

Crédit photographique : Lapresse.ca.

 

 

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