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Ça suffit ! La nouvelle campagne contre l’homophobie et la transphobie de l’Éducation nationale.


29 janvier 2019 - David Chevalier


Un conseil de discipline pour l’injure « pédé » ? Voyons, c’est un niveau de langage, rien de dramatique.

Il ne faut pas faire de vague, de bruit, il ne pensait pas à mal ou il faut sortir des débats passionnés, la réponse des chefs d’établissements à des faits homophobes est aussi riche que le nombre de fromages en France. Ça peut faire rire, pourtant, le sujet est très grave.

L’homophobie en France est rapproché à la sexualité, sujet de plus en plus tabou dans les établissements scolaires. Au collège, le professeur des SVT et l’infirmière se sentent un peu seul. Ceux sont les uniques interlocuteurs sur la sexualité et ceci, une seule fois durant la scolarité des jeunes adolescents, durant la classe de 4ème au collège. Et encore, dans un établissement où les équipes n’ont pas peur du conservatisme religieux, chrétien, juif ou musulman.

Dans ces milieux, si la sexualité est tabou, l’homosexualité l’est encore plus. La notion de transgenre en devient stellaire. Les premières victimes de ces «non dits » sont hélas les jeunes filles. Leur parole ne peut aboutir à un conseil de discipline par manque de preuve. Souvent, ce sont elles qui quittent l’établissement scolaire. L’agresseur lui, au pire, change de classe.

Pour les homosexuels, il faut que les moqueries deviennent des coups pour être pris en compte. Car encore une fois, la moquerie n’est pas visible, elle ne laisse pas de trace. Lorsqu’ elle atteint les réseaux sociaux, beaucoup de chefs d’établissements bottent en touche en avançant l’argument : « c’est en dehors ».  Et même quand ça se produit dans leur mur, la victime est invitée à ne pas y répondre.

Pourtant la loi est claire sur le sujet. Si les faits commis  à l’extérieur de l’établissement se sont produits parce qu’il y a un lien introduit par l’établissement en lui même alors une procédure disciplinaire peut avoir lieu. La circulaire n° 2014-059 du 27-5-2014 explique même ce texte avec un cas de harcèlement sur les réseaux sociaux :

Par exemple, il a été jugé que laisser un message injurieux sur le répondeur téléphonique personnel d’un enseignant qui l’avait exclu de ses
cours n’est pas détachable de la qualité d’élève et peut être sanctionné (CAA Lyon, 13 janvier 2004 – TA Paris, 17 novembre 2005 – TA Versailles, 13 novembre 2007). Un harcèlement sur Internet entre élèves est donc de nature à justifier une sanction disciplinaire.
La transphobie est quant à elle très présente. Une personne transgenre ne peut compter sur le soutien unanime des femmes ou des homosexuels pourtant victimes eux aussi des agressions. Jonathan*, un jeune professeur exerçant dans un collège du Val d’Oise a tenu témoigner.
Je me souviens du discours d’une cheffe d’établissement au collège. Un intervenant extérieur faisait de la sensibilisation aux harcèlements. La cheffe s’est plainte devant moi que l’intervenant était trop féminin : longs cheveux, boucles d’oreilles et vernis sur les ongles. Elle me signalait qu’elle allait lui demander de retirer son vernis, pour ne pas heurter la sensibilité des élèves. Il fallait comprendre, pour ne pas que les élèves le mettent au pilori en place publique. Le jour suivant, l’intervenant était venu sans boucle d’oreille ni vernis. Pourtant, les élèves n’avaient eu aucune réaction.
Un jeune homme trop maniérée dans ses attitudes ou ses vêtements  pourrait légitimer les remarques envers lui, pour tenue provocante ou non conforme.
Dans ces exemples, le Ministère de l’éducation nationale oublie deux cibles : le personnel et les parents. Nous serons curieux également de compter le nombre d’établissements affichant cette campagne.
*prénom modifié.

 

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