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Drancy : Ils voulaient « s’amuser avec » ou « tuer du » PD ! La victime témoigne.


16 mars 2019 - David Chevalier


Poignardé au sol, sa mort était certaine, il doit sa survie à sa voiture.

Dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 mars, Kevin devait rencontrer un gars avec qui il discutait sur l’application Smax – le tchat de rencontre de Skyrock – depuis trois jours. Il arrive au lieu du rendez-vous, sans savoir ce qu’il allait lui arriver. Il revient pour inverti sur sa mésaventure qui a failli lui coûter la vie.

Peux-tu nous dire comment tu as rencontré tes agresseurs ?
Je discutais avec un gars, très gentil, sur l’application de rencontre Smax, une application de rencontre hétéro, homo… Nous sommes très vite passés sur Snapchat. Non pas pour s’échanger nos photos, je n’ai jamais vu sa tête ni autre chose, mais pour discuter simplement. Il était très gentil, attentionné, parlait de ses projets professionnels, rien à voir avec ce que j’ai pu connaître avec les autres applications de rencontres.

Pourquoi cette rencontre à minuit ?
Il me disait qu’il travaillait le soir. Je ne me suis pas inquiété plus que ça car comme je l’ai dit, nos discussions étaient assez sérieuses, nous parlions de tout et de rien.

Vient la rencontre et la surprise de taille : trois jeunes hommes au lieu d’un.
Oui. Je me suis donc rendu au point de rencontre, sur un parking d’une résidence. Je me suis garé, je suis sorti de ma voiture. Là, j’ai vu trois jeunes qui m’attendaient. Ils me sont très vite tombés dessus. Un des gars m’a montré son couteau et m’a dit de ne pas bouger.

Ils t’ont dit ce qu’ils allaient te faire ? prendre ta voiture ? ou pire ?
Non, j’ai agi assez vite. J’ai activé l’alarme de ma voiture. C’est sûrement ça qui m’a sauvé la vie. J’ai ensuite essayé de m’enfuir. Un des trois m’a fait un croche pied. Je suis tombé à plat ventre. Ils en ont profité pour continuer à me frapper. Je ne sais pas trop ce qu’ils disaient. Je me concentrais à protéger ma tête. Puis, le gars avec son couteau me l’a enfoncé sous les côtes et l’a fait remonter jusqu’au poumon. Puis ils se sont enfuis avec les clefs de la voiture.

Les habitants de la résidence ont bougé ?
Oui, dès que j’ai activé l’alarme, des personnes ont dû regarder par la fenêtre et ont suivi la fin de l’agression. D’après ce qu’on m’a dit, les pompiers sont arrivés en 5 minutes. Heureusement car je me vidais de mon sang au sol. Les pompiers m’ont emmené aux urgences de Bobigny. J’y suis resté la semaine.

C’est rapide !
Il semblerait que non car si je suis resté longtemps, c’est parce que ce n’était pas une opération programmée. Ils m’ont donc gardé un peu plus longtemps. En moyenne, c’est deux trois jours d’hospitalisation pour une perforation d’un poumon.

Comment tu te sens aujourd’hui ?
Ça va. La vie ne m’a pas fait de cadeau, ça m’a endurci. Au niveau de mon poumon, il fonctionne très mal pour ne pas dire pas du tout. Je vais avoir un suivi et des séances de kinésithérapie respiratoire pour un long moment.

Sais-tu où en est l’enquête ?
Je dois remercier le commissariat de Drancy qui a pris l’affaire très au sérieux. Les policiers sont venus me voir pratiquement tous les jours. Pour me poser des questions mais également des fois pour savoir comment j’allais. Je leur ai donné accès à mes Dashcams*, mon téléphone ainsi qu’a mes différents comptes.

La Police a donc pu retrouver tes agresseurs ?
Oui, et aussi grâce aux historiques hébergés sur les serveurs de l’application. ils ont suivi les trois jeunes puis ils les ont arrêté chez eux, chez leurs parents.

Parents ?
Oui, ils sont jeunes, très jeunes : 15 ans, 17 ans et 23 ans. Ils ont été arrêtés une semaine après les faits environ. Je les ai rencontré durant la confrontation. Il n’avait pas l’air de comprendre ce qu’ils avaient fait. Un des trois à même dit que le temps commençait à être long en garde à vue et qu’il voulait rentrer. Je leur ai dit que ce n’était pas la peine d’y compter tout de suite. Ils ont blêmi.

Tu étais leur seule victime ?
Je pense que oui. La Police a retrouvé les historiques sur leur téléphone. Ils parlaient avec d’autres gars, tous homos.

Comment te sens-tu quinze jours après ? As-tu envie de témoigner sur tous les médias possibles dans le but de dénoncer ces agressions terribles ?
Oui. Dès que j’ai vu ma mère, à mon réveil, nous nous sommes dit que nous devions en parler et faire le plus de bruit possible. Grâce à l’association Urgence Homophobie, je suis en contact avec des professionnels des médias. Je dois aller chez Morandini sur CNEWS la semaine prochaine ainsi que TPMP. Je dois également aller chez BFMTV. Je ferais le maximum d’émissions possibles pour dénoncer ce genre d’agression. Nous écrivons, avec Guillaume Mélanie, une lettre pour Mme Macron. Elle défend cette cause, il est donc normal que nous l’interpellions sur ce sujet.

Merci à toi pour ce témoignage.

*Dashcam : caméra équipée de micro que vous avez en option sur certaines voitures ou vous pouvez également les ajouter à n’importe quel modèle de voiture.

Crédits images : OSM / Playstore

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