Tout comme Yagg, Têtu est dans une situation désespérée et sa fin est peut être très proche.

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20 ans après le premier numéro, Têtu pourrait éteindre les lumières, les ordinateurs, l’imprimante et mettre la clef sous la porte. En effet, une demande de conversion du redressement en liquidation judiciaire a été établie et l’audience au Tribunal de commerce a été fixée au 23 juillet 2015.

Une presse gay en danger.

Lire notre article précédent sur ce sujet à ce lien.

Tribune libre des salariés de Têtu :

Si vous l’avez acheté, si vous êtes un fidèle abonné, le numéro de juillet-août de TÊTU avec Mika en couverture que vous tenez entre vos mains est peut-être le dernier.

Vous le savez, depuis le 1er juin, CPPD, la société éditrice de TÊTU, a été placée en redressement judiciaire à la demande de son propriétaire, Jean-Jacques Augier. L’administratrice judiciaire en charge de notre dossier nous a informés qu’en dépit de la prolongation de la période d’appel d’offres, elle n’avait pas reçu d’offres répondant aux exigences du Code de commerce. Par conséquent, une demande de conversion du redressement en liquidation judiciaire a été établie et l’audience au Tribunal de commerce a été fixée au 23 juillet. Si la liquidation est prononcée, ce sera la fin de votre magazine.

Nous, salariés de TÊTU, estimons qu’il est encore temps de se mobiliser pour sauver le seul grand média LGBT (print et web) francophone et qui vient de fêter ses 20 ans.

Nous sommes fiers de fabriquer chaque mois, avec nos collaborateurs pigistes, photographes, illustrateurs, un magazine qui n’a cessé d’être de tous les combats pour l’égalité des droits et contre les discriminations.

Nous sommes fiers de contribuer à un magazine qui offre chaque mois des reportages inédits sur la situation des LGBT en France et à l’étranger, qui donne la parole via des tribunes libres à des acteurs de la communauté, qui analyse des phénomènes de société avec un regard unique, qui met en avant ses découvertes culturelles, ses parti-pris esthétiques, ses rencontres exclusives ou qui conseille ses lecteurs dans leur vie quotidienne.

Nous sommes fiers de consacrer – et ce depuis la création du magazine – plusieurs pages chaque mois (et une fois tous les 2 ans avec l’indispensable guide TÊTU +) à l’information la plus complète sur le VIH/sida, les autres IST/MST, l’accompagnement des personnes séropositives et la santé sexuelle.

Nous sommes fiers de voir chaque mois TÊTU s’afficher dans les kiosques, chez les marchands de journaux, dans l’espace public, à l’heure où les manifestations d’homophobie n’ont rien perdu de leur virulence (1 cas d’agression physique signalé tous les 2 jours, selon le dernier rapport de SOS Homophobie).

Nous sommes fiers des témoignages de jeunes lecteurs reçus à la rédaction racontant leur premier achat de TÊTU et de l’importance que cela revêt dans leur vie en termes d’affirmation et d’estime de soi.

Nous sommes fiers d’avoir reçu durant toutes ses années le soutien d’annonceurs et de partenaires culturels qui ont contribué au développement et au rayonnement du magazine.

Au moment où la presse LGBT connaît de graves difficultés financières (il en est de même pour nos confrères de Yagg qui ont tout notre soutien), nous sommes convaincus de son importance dans la société française, pour porter une information différente, respectueuse des personnes LGBT, et soucieuse du vivre-ensemble.

Voulons-nous que d’autres parlent à notre place de nos vies, de nos combats, de nos espoirs, de nos colères ?
Voulons-nous que des pans entiers de la culture LGBT s’effacent peu à peu du champ médiatique ?
Voulons-nous être moins visibles ? moins forts ? moins soudés ?
Si des décideurs ou des investisseurs sont sensibles à cet appel, c’est le moment ou jamais : #savemytêtu !

Merci.

Les salariés de TÊTU

Ici, une annonce :
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