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Gonorrhée, l’herpès génital, la syphilis, le papillomavirus humain, l’hépatite C : vos nouveaux amis pour la vie !


27 juin 2018 - David Chevalier


L’été s’ra chaud, l’été s’ra chaud, dans les t-shirts dans les maillots, les IST/MST auront votre peau !

Voici ce que pourraient devenir les nouvelles paroles d’Eric Charden et de son célèbre tube : l’été s’ra chaud. A la veille des vacances d’été, des rencontres, du sable, des afters, des bains de minuit, le constat est sans appel : les IST/MST seront également de la partie.

Il n’y a que très peu de chance d’y échapper. Pire, certaines IST deviendraient résistantes aux antibiotiques et autres traitements. Et le médicament miracle n’est toujours pas finalisé. Certains laboratoires pharmaceutiques réfléchissent déjà à des PrEP pour toutes ces IST. Hélas pour leur profit, les français restent à majorité réfractaire aux médicaments.

En France, selon les chiffres du Ministère de la Santé, seulement 5 800 personnes ont commencé un traitement sous PrEP en un an et demi. Et personne est capable de dire combien parmi eux l’ont arrêté.

Bareback – No Capote à la côte.

Le BBK, le bareback est de plus en plus rependu entre les homosexuels et les hétéros curieux, les fameux HSH, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Saunas, parkings, plages, aires d’autoroute, le sexe se consomme partout et tous tirent la même sonnette d’alarme : la capote tend à disparaitre.

La célèbre boite libertine parisienne Le Dépôt dresse le même constat. Michel Mau précise que leurs commandes de préservatifs ont baissé de plus de 20% en une dizaine d’années. Autre exemple, virtuel cette fois, le porno, qui illustre les actes et attentes de la société. Ces acteurs dressent aussi le même constat : les mecs demandent du sans capote. L’industrie du porno abandonne de plus en plus les films avec capotes pour se mettre exclusivement au bareback comme l’indique Cyrille Marie, un des responsables de la chaine Pink Tv.

Pas besoin d’être un expert pour se rendre compte que la capote n’est plus au centre des relations sexuelles. Un petit tour sur Grindr et vous apercevez de plus en plus de personnes précisant qu’elles recherchent du BBK ou alors du liquide (via l’émoticône).

Un utilisateur, Antoine*, que nous avons contacté sur Grindr nous raconte qu’il est très facile d’avoir du sexe sans capote. Pour lui, la PrEP a changé les pratiques. Il est séropositif mais sur son profil Grindr, s’est indiqué PrEP.

Les mecs ont peur des séropos et moins de la PrEP alors que c’est le même médoc.

Une personne séropo sous traitement comme une personne avec la PrEP ont un risque presque nul de transmettre le VIH, responsable du Sida. Mais la PrEP parait plus clean, plus propre.  Nous demandons à Antoine si c’est très simple d’avoir une relation sans préservatif avec des personnes sous PrEP comme avec des personnes sans traitement. Et la réponse risque de vous faire froid dans le dos.

Je baise très souvent sans capote, actif comme passif. Au début, des fois, le mec insiste pour la capote, mais quand tu insistes toi aussi un peu, ou quand il y a une “panne”, alors la capote est vite oubliée.

Le fantasme des fluides, de l’échange, du contact et du confort font que la capote n’a hélas plus la côte.

Autre exemple, nous nous rendons à la sortie d’un sauna très connu, ouvert toute la nuit le week-end à Paris : le Sun City. Nous croisons Nasri*. Il étudie en France, en Bourgogne et vit au Maroc. Il est monté avec des amis sur Paris. Il est sous PrEP et nous avoue qu’il a eu une relation sexuelle sans capote à l’intérieur du Sauna.

Au début, on a mis la capote. Il a alors débandé. En retirant la capote, c’est revenu très vite. Et dans le feu de l’action, j’ai accepté qu’il me pénètre sans capote alors que je sais que la PrEP ne protège que du VIH.

Le message de sensibilisation est pourtant passé, mais une fois dans l’acte, il est une nouvelle fois très vite oublié, pour des raisons de confort. Pourtant, rien ne prouve que la personne prenne un traitement et le prenne dans les conditions recommandées. La confiance a gagné du terrain, trop hélas.

Que faire ?

C’est la question à laquelle les participants du débat organisé par le pôle Santé du Centre LGBT Paris Île de France ont essayé de répondre. Et pour y parvenir, il fallait faire un constat. Un constat bien sombre : la capote n’est plus à la mode. Hélas, le nombre d’infections dues aux  IST/MST explose et la capote est de plus en plus absente.

La PrEP gratuite, fait-elle trop d’ombre à la capote payante ? Pour les participants, la réponse n’est pas tranchée. Les infections n’augmentent pas à cause des 5 800 personnes sous PrEP. La réponse serait alors à chercher au près des pouvoirs publics. Un jeune de 24 ans, présent dans la salle va même aller plus loin, pour lui la capote est devenu un sujet tabou :

Je n’ai jamais eu durant ma scolarité une campagne de prévention des MST / IST basée sur la capote. A l’école, la capote était réservée aux filles ne voulant pas tomber enceinte.

Jérôme André, intervenant pour l’association HF-Prévention, explique que la prévention n’est plus à la mode et que les campagnes ont été faite sur le dépistage. Il indique également que le rêve de Paris et de la France sans Sida pour 2020 sera tout simplement reporté pour plus tard.

Autour de la table**, réuni à l’appel de Hervé Latapie, les participants ont alors cité des actions faites durant la période sombre des années 90. Gérard Pelé a présenté les brochures faites aux gays pour qu’ils se ré-approprient leur sexualité durant ces années où plus personne n’osait se toucher. Il y avait également des modes d’emploi par rapport aux préservatifs et des conseils pour éviter cette “panne” connue durant les rapports avec préservatifs.

Manque de Synergie chez les acteurs de la vie gay.

La santé n’est hélas pas un domaine qui fédère. Autour de la table, ne cherchez pas Aides (en pleine tourmente à cause de la grève de ses employés) ni même Act-Up. Seul un responsable de l’antenne d’Aides d’île de France était présent, mais dans la salle.

Ne cherchez pas non plus les nouveaux acteurs de cette vie gay telles que les applications de rencontres qui ont pourtant maintenant une plateforme média LGBT. Il n’y avait également personne du Ministère de la Santé.

Malgré cela, Hervé Latapie reste confiant. Ce premier débat était une causerie qui pourrait participer à remettre au goût du jour la prévention vis à vis des MST/IST. Un petit pas donc vers une prise de conscience collective qui déboucherait sur un vrai débat national avec l’ensemble des acteurs de la vie gay ?

*Les prénoms ont été modifiés.

** Intervenants : Jérôme André (HF-Prévention), Sébastien Antoine (Lieux de drague.fr), Roman Krakovky (Les Séropotes Paris), Hervé Latapie (Centre LGBT Paris Île de France), Cyrille Marie (Pink TV), Michel Mau (Le Dépôt, Play Safe), Gérard Pelé (Santé et plaisirs gays) et Christophe Soret (Garçon Magazine – Qweek).

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