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La France homophobe ? Polytechnique, oui.


10 mai 2019 - lemarquis


Nous le savions pour les “Agnès”, les “Poisson” et les “Christine” incestueuses, mais pas pour l’Ecole de la Nation. Maintenant, cela est fait ! Nous en sommes informés. Si je n’étais pas à me demander quel passeport untiliser, j’admets que je prendrais cela pour de l’humour. Pourtant, tel n’est pas le cas. X, Polytechnique est bien homophobe.

XY men ne sont pas les bienvenus.

L’École polytechnique est depuis longtemps tiraillée entre son double statut d’établissement d’enseignement supérieur et d’institution militaire. La vie associative des élèves, bien que
très largement comparable à celle des autres écoles d’ingénieurs, est parfois sujette à des interventions directes de la direction militaire de l’École. Cette fois-ci, c’est l’association LGBTQ+ qui fait les frais d’une censure. Interpellée par les élèves, la direction a peiné à trouver une justification légale à cette décision.

Les faits ?

Commençons par les rappeler. Le binet XY, association LGBTQ+ de l’Écolepolytechnique, devait organiser une conférence intitulée « Politiques des sexualités » le mardi 23 avril, avec comme intervenant Sylvain Tousseul, philosophe et psychanalyste,enseignant-chercheur à l’Université Paris Diderot. Pour en faire la promotion, l’association avait décidé de diffuser, lors de la semaine du 15 avril, une affiche illustrée de l’œuvre « Kissing Coppers » de l’artiste britannique Banksy. Cette affiche a été diffusée sur Facebook et envoyée par mail ; elle a été imprimée et les membres de l’association s’apprêtaient à l’afficher sur les emplacements dédiés aux activités élèves dans les couloirs de l’établissement.

Jeudi 18 avril, suite à la diffusion électronique de l’affiche, le chef de corps contacte les membres du bureau de l’association pour les informer que la direction décide d’interdire l’affiche, sur décision du directeur général. L’illustration serait inappropriée pour être affichée sur le campus. Les membres du bureau du binet XY demandent à le rencontrer, lui signifient leur désaccord et demandent que la position de la direction soit réévaluée. Le directeur général maintient sa décision. Étant contraints de conserver une forme de communication sur l’événement à venir, le binet XY décide de remplacer dès le lendemain l’affiche originale par une affiche similaire où l’œuvre de Banksy est barrée d’un signe « CENSURÉ ». La conférence a bien eu lieu à la date prévue et a fait salle comble, avec un public également venu des autres établissements universitaires du campus. L’affaire faisant débat, après une semaine de tergiversations et d’explications fluctuantes, le23 avril la direction finit par s’expliquer et justifie l’interdiction par le fait que l’intimité prononcée visible entre deux personnes en uniforme n’était pas considérée adéquate dans une institution militaire (justification rapportée le lendemain dans le journal des élèves par un membre de l’association). La présidence de l’École n’a fait aucun commentaire, malgré une sollicitation de la part du binet XY.

La petite musique homophobe…

Dans cette histoire, le déroulé des faits interpelle. La décision d’interdire l’affiche a été prise juste après sa diffusions par mail, quelques heures avant son affichage prévu sur les murs de l’École. La présence d’une affiche ne constitue pas un danger imminent nécessitant une réaction préventive. Dès lors, si l’interdiction a été si prompte, c’est que la direction devait avoir une bonne raison. Cependant, malgré les sollicitations, c’est seulement une semaine plus tard que le motif de l’interdiction a finalement été communiqué, après un refus de reconsidérer la décision. Cette censure ne peut se justifier au vu du fonctionnement habituel de l’École et de ses associations étudiantes. En premier lieu, la direction militaire a reproché au binet XY de ne pas avoir demandé d’autorisation de diffusion ​ a priori. Or ce reproche n’a pas lieu d’être : la communication par affiches est un procédé utilisé toutes les semaines par les différentes associations et aucune n’a jamais eu besoin de demander une validation auprès de la direction.

Et l’association mise en cause.

Suite au débat qu’a suscité cette décision, la direction semble avoir compris que cet argument n’était pas recevable, puisque le motif officiel finalement communiqué à l’association porte sur le respect dl’uniforme militaire. Outre le fait que cet argument arrive un peu tard et laisse sceptique sur les motivations réelles qui ont poussé à la censure, cette justification ne tient pas non plus si l’on se réfère aux sages habituellement en vigueur à Polytechnique. Dans la culture polytechnicienne, les différents uniformes militaires sont régulièrement utilisés, dans le cadre de productions artistiques des élèves, à portée interne. En témoignent les nombreux clips tournés par l’association de cinéma de l’école, mettant en scène des personnes en uniforme dans toutes les situations possibles et imaginables, qui n’ont jamais suscité la moindre réaction de la part de la direction militaire. En outre, il convient d’interroger l’usage fait par l’École de l’image de son propre uniforme à des fins purement mercantiles. La direction des relations internationales, récemment devenue « direction du marketing et des relations internationales », décline l’image du grand uniforme à toutes les sauces pour faire la promotion dformations payantes proposées par l’établissement (formations ayant lieu dans un cadre civil, donc sans rapport aucun avec l’uniforme). La question de l’image de l’uniforme militaire est donc un argument à géométrie variable, qui ne semble poser réellement problème que lorsque l’image militaire est associée à une représentation de l’homosexualité. Cet argument ​ a posteriori n’est donc pas plus
valable que le précédent et relève une fois de plus d’une discrimination homophobe. L’explication défendue par la direction est d’autant moins acceptable qu’elle inverse les rôles. Selon l’argument de la direction, les membres de l’association LGBTQ+ sont coupables d’avoir voulu transgresser les règles de la bienséance et se sont fait rappeler à l’ordre par leur hiérarchie. À croire qu’elles et ils devraient s’estimer heureuses.x de ne pas écoper de sanction. Cette inversion des rôles est inacceptable, elle place le binet XY dans une position de coupable et nuit ainsi à la communauté LGTBQ+. Il convient donc de reposer les termes du débat : ici, le binet XY est bien victime d’une censure de la direction.

Tribune écrite par le think tank la Sphinx

 

 

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