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La peste brune au pouvoir au Brésil.

Catégories : Actualités LGBT · Homophobie · Monde

Ici, une petite réclame...

Voilà. Un continent vit un séisme sous couvert démocratique. Un pays voit la peste brune à sa tête. Et les minorités de ce très grand état fédéral l’enfer à sa portée. Jair Bolsonaro, a été élu dimanche 28 octobre 2018, président du Brésil avec plus de 55% des voix, devant le candidat de gauche Fernando Haddad (45%). Ces résultats portant sur 88,8% des bulletins ont été communiqués par le Tribunal supérieur électoral (TSE), au soir du 2e tour de la présidentielle dans la plus grande puissance d’Amérique latine. Les minorités LGBT du pays craignent une forte dégradation de leurs conditions de vie face à un président ouvertement LGBTphobe.
Son programme peut en donner les grandes lignes. Ultra-libéral sur le plan économique, il comprend comme mesure phare contre la violence la libéralisation du port d’arme. Et son slogan – “Le Brésil au-dessus de tout, Dieu au-dessus de tous” – donne une idée de sa philosophie.

Décryptage du programme :

  • Économie :

    • Réduction de la dette de 20% par le biais de privatisations
    • Création d’un système parallèle de retraite par capitalisation
    • Un “super-ministère” de l’Économie serait créé, avec aux commandes l’ultra libéral Paulo Guedes
    • Réorganiser le système fiscal “pour que ceux qui paient trop d’impôts en paient moins
  • Sécurité :
    • Abaissement de la majorité pénale de 18 à 17 ans. Il souhaitait auparavant l’abaisser à 16 ans, mais a affirmé récemment avoir changé d’avis, par crainte de ne pas parvenir à faire approuver une réduction à 16 ans au Parlement
    • Assouplissement de la législation sur le port d’armes. “Les armes sont des instruments qui peuvent être utilisés pour tuer ou pour sauver des vies. Ça dépend de qui s’en sert
    • Assurer la “protection juridique” de policiers s’ils font usage de leur arme en service
    • Avec le slogan “arrêter et maintenir sous les verrous“, il préconise plus d’incarcérations, dans un pays dont les prisons sont déjà surpeuplées. Il propose notamment d’en finir avec des programmes de libération conditionnelle ou d’aménagement de peine
    • Jair Bolsonaro propose de qualifier de “terrorisme” des invasions de propriétés rurales ou urbaines
  • Corruption :
    • Nous voulons un gouvernement décent, différent de tout ce qui nous a plongé dans la crise éthique, morale et budgétaire“. Il a promis de diviser par deux le nombre de ministres, afin de limiter les arrangements entre partis
  • Diplomatie :
    • Nous allons arrêter de faire l’éloge de dictatures assassines (référence au Venezuela) et de dénigrer des démocraties importantes comme les États-Unis, l’Italie ou Israël
    • Son programme ne mentionne pas le Mercosur, espace de libre-échange latino-américain. Il préfère “mettre l’accent sur les relations et accords bilatéraux
  • Éducation :
    • Il défend un retour à l’ordre moral : “Les programmes scolaires et méthodes d’enseignement doivent changer. Avec plus de mathématiques, plus de sciences et de portugais. Sans endoctrinement ni sexualisation précoce
    • Jair Bolsonaro propose aussi d'”inverser la pyramide“, pour concentrer plus d’investissements dans l’école primaire que dans l’enseignement supérieur. Il a affirmé vouloir promouvoir l’enseignement par correspondance dans les localités difficiles d’accès, pour “aider à combattre le marxisme“, que prôneraient des enseignants, et pour faire des économies
    • Il a également promis d’implanter un collège militaire (géré par l’armée) dans chacune des 26 capitales d’État ainsi que dans le district fédéral de Brasilia. Actuellement, il en existe 13, dans 11 capitales.
  • Avortement :
    • Son programme ne mentionne pas le sujet, mais il a promis d’opposer son véto à toute tentative d’assouplissement d’une loi déjà très restrictive. Au Brésil, l’IVG n’est autorisée qu’en cas de viol, de risque pour la mère ou de grave malformation du cerveau du fœtus
    • En tant que député, il a prôné des mesures en faveur du contrôle de la natalité, comme le remboursement par l’État de vasectomies ou de ligature des trompes
  • LGBT :
    • Le programme officiel ne mentionne à aucun moment les droits LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). Le candidat a défrayé la chronique avec des déclarations homophobes
    • Ces dernières semaines, cependant, il a nuancé son discours, s’affichant avec des homosexuels. “Les homosexuels seront heureux si je suis président“, a-t-il affirmé début octobre à une radio du Pernambouc (nord-est)
    • Nous allons faire un gouvernement pour tout le monde. Y compris pour les gays, d’autant plus qu’il y a des gays qui sont aussi des parents“, a-t-il renchéri.
  • Environnement :
    • Il a le soutien du puissant lobby de l’agrobusiness au Parlement. Son programme n’évoque ni la déforestation ni le réchauffement de la planète. Il ne parle pas non plus d’un éventuel retrait des Accords de Paris sur le climat, auquel il aurait fait une fois allusion
    • Il a prévu de regrouper les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement, même s’il s’est dit récemment “ouvert à la négociation” sur ce point, un des plus controversés de son programme, qui placerait les organes de contrôle d’abus contre l’environnement sous la tutelle d’un ministère contrôlé par l’agrobusiness
    • Jair Bolsonaro a affirmé qu’il ne céderait “pas un centimètre de plus” pour la délimitation de territoires réservés aux tribus indiennes

Le vrai visage du nouveau président.

Celui qu’on surnomme le Donald Trump brésilien s’est au fil des ans construit l’image d’un personnage sulfureux à Rio. C’est là que cet homme a fait l’essentiel de sa carrière, après une enfance à Sao Paulo au sein d’une famille d’origine italienne. Après un mandat de conseiller municipal en 1988, il a obtenu son premier mandat de député fédéral trois ans plus tard. Un mandat d’avantage marqué par ses dérapages dans l’hémicycle que par les projets de loi qu’il a fait approuver : seulement deux en 27 ans.
Il faut dire que cet ancien capitaine de l’armée est surtout connu pour ses dérapages : en 2014, il avait fait scandale en prenant violemment à partie la parlementaire de gauche Maria do Rosario, lui lançant qu’elle “ne méritait pas” qu’il la viole car elle était “très laide”. Deux ans plus tard, il a fait l’éloge d’un tortionnaire de la dictature militaire (1964-1985). Jair Bolsonaro a également multiplié les déclarations homophobes : dans un entretien au magazine Playboy en 2011, il a affirmé qu’il préférerait que son fils “meure dans un accident” plutôt que de le savoir homosexuel.
Depuis le début de la campagne, Jair Bolsonaro a perpétué ce style tonitruant. Lors d’un long entretien à l’émission Roda Viva, sur la chaîne publique TV Cultura, il a notamment a annoncé son intention de réduire les quotas raciaux dans les universités, considérant que le pays “n’a pas de dette” envers les Noirs.De quelle dette historique parlez-vous? Je n’ai réduit personne en esclavage (…). Les Noirs ne sont pas meilleurs que moi et je ne suis pas meilleur qu’eux”, a-t-il affirmé. Il s’est même permis une relecture de l’Histoire : “les Portugais n’ont même pas mis le pied en Afrique, ce sont les Noirs eux-mêmes qui livraient les esclaves“.
Le candidat d’extrême droite a également affiché à nouveau sa nostalgie des années de plomb, affirmant qu‘il n’y avait “pas eu de coup d’Etat militaire en 1964”. “Un coup d’Etat, c’est quand on met un coup de pied dans la porte pour retirer le président (du pouvoir). Mais c’est le Parlement qui a déclaré le poste de président vacant. C’était la règle en vigueur“, a-t-il affirmé. Très critiqué par le passé pour avoir fait l’éloge d’un colonel tortionnaire notoire, il expliqué dans la même émission que “certains se disaient victimes de torture pour obtenir des indemnisations, des votes, de la pitié ou du pouvoir“.

Quel avenir pour les opposants et les LGBT+ ?

Malgré les signes le jour même du second tour d’un certain vrai regain et une mobilisation des opposants au nouveau président élu, rien n’aura suffit.
De nombreux électeurs de gauche se sont rendus aux urnes avec un livre sous le bras, un pied de nez aux électeurs de Jair Bolsonaro, dont certains s’étaient photographiés votant au premier tour avec une arme.
1984” de George Orwell ou encore “Comment meurent les démocraties” de Daniel Ziblatt et Steven Levitsky faisaient partie des titres sélectionnés par les électeurs qui, sous les mots clé #LivroSim et #Armanao (Livre oui, arme non), postaient des photos sur les réseaux sociaux.


L'épisode 5 est en ligne ! Notre invité Yacine Djebelnouar Président de l'association Shams France. À écouter sur L'anonyme Podcast.

Autre livre et autre message, Dias Toffoli, le président de la Cour suprême, s’est rendu aux urnes avec la Constitution. “Le futur président devra respecter les institutions, la démocratie et l’Etat de droit“, a-t-il déclaré.
Pour Marcio Coimbra, de l’Université presbytérienne Mackenzie, le Brésil a des garde-fous solides avec “un parquet fort, une Cour suprême forte et un Congrès qui fonctionne“.
Jair Bolsonaro a voté dans la matinée à Rio, évitant soigneusement la foule. Accompagné de sa troisième épouse Michelle, il n’a fait aucune déclaration, “pour des raisons de sécurité“.
Le vote a été moins tranquille à Sao Paulo pour Fernando Haddad, accueilli par des partisans brandissant des roses et entonnant des chansons traditionnelles de la gauche, mais aussi par un concert de casseroles d’opposants.
La démocratie est en danger. Les libertés individuelles sont en danger“, a déclaré Haddad à la sortie du bureau de vote. Mais “le Brésil s’est réveillé ces derniers jours. J’attends les résultats avec beaucoup d’espoir“.

Et maintenant ?

A la lecture de certaines prises de position des supporters du nouveau président au cours de la campagne électorales, il y a de quoi avoir peur. Sans parler des positions du nouveau président élus concernant l’opposition ou les élus de gauche qui n’auront que deux choix “l’exil ou la prison”.

Pour les membres de la communauté LGBT, c’est sans doute tout simplement pour beaucoup la mort qui les attend au tournant.
Alors si comme Jean Wyllys, vous cumulez les deux, c’est simple, c’est un adieu à la démocratie.
Je suis terrifié par cette nouvelle victoire de la haine. Pas pour moi, mais plus globalement pour l’humanité, le continent américain et les Brésiliens dans leur globalité. Même pour les supporters non blancs et des classes supérieures de la société civile. Nous “jugerons sur pièce” a déclaré ce matin Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. ce matin sur France 2. Je le crains, c’est déjà cousu de fils blancs…

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Par publié le 29 octobre 2018

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