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Le chemin synodal de l’Eglise Catholique Allemande. Reconnaissance des couples de même sexe.


16 décembre 2019 - lemarquis


Depuis le 1er décembre, l’ensemble de l’Episcopat catholique allemand est réuni dans ce qu’il appelle le “chemin synodal”.

La décision de le lancer a été prise dans le sillage du scandale des abus sur mineurs commis par des ecclésiastiques et des religieux. C’est ce que ne cesse de répéter le cardinal Reinhard Marx, président de la conférence épiscopale allemande. 

MGH.

A la suite des scandales de mœurs ayant secoué l’Eglise en Allemagne, un projet de recherche interdisciplinaire a été confié à des chercheurs des universités de Mannheim, Heidelberg et Gießen (d’où son surnom de rapport « MHG »). Dirigé par Harald Dressing, un psychiatre légiste, le groupe d’étude a travaillé du 1er juillet 2014 au 24 septembre 2018 à partir des données fournies par 27 diocèses allemands.

Le résultat est consigné dans un rapport de 350 pages, réunissant les efforts d’experts en criminologie, en psychologie, en sociologie et en psychiatrie médico-légale. Il en existe un résumé de 15 pages publié par la DBK, traduit en plusieurs langues. Le but de cette étude était de « déterminer la fréquence des abus, de décrire leurs formes (…) et d’identifier les structures et dynamiques susceptibles, au sein de l’Eglise, de favoriser les abus » (souligné par nous). Ce point est capital. 
Une grande partie du rapport est consacrée à l’analyse des crimes et délits commis sur mineurs. Puis un chapitre de recommandations indique les grandes lignes qui inspirent aujourd’hui le chemin synodal.

Vers un schisme de l’Eglise Catholique Allemande ?

En plus de la réflexion sur le célibat des prêtres, de la place des femmes au sein de l’Église, de l’organisation même de chemin décisionnaire. Sur ce dernier point, après lecture, ils tentent de vouloir s’organiser comme l’Eglise Protestante. Unissant ainsi Laï.ques.cs et Ecclesiastes dans le pouvoir décisionnaire de la vie pratique et spirituelle de l’Église.

La pédophilie sanctionnée.

Selon le rapport, “La transformation des structures cléricales du pouvoir passe par une réflexion fondamentale sur le ministère sacré du prêtre et sur la façon dont ce dernier voit son rôle. Sanctionner les individus coupables, regretter en public leurs actes, verser des indemnités financières aux victimes, établir des concepts de prévention sont des mesures nécessaires mais aucunement suffisantes. (…) Ces démarches sont même aptes à cimenter les structures du pouvoir clérical vu qu’elles ne ciblent que les symptômes d’un développement anormal et qu’elles empêchent ainsi la réflexion sur le problème fondamental qui est celui du pouvoir clérical “.

La “morale” mise en accusation.

Eberhard Schockenhoff, professeur de théologie morale à Fribourg, s’attaqua à la morale sexuelle de l’Eglise. Sa conférence transpire un profond mépris pour la morale révélée, la morale parfaite, évangélique, telle que l’Eglise l’a toujours défendue. Ce théologien, qui est prêtre (!), commence par s’attaquer à saint Augustin : « En supposant que la corruption de la nature humaine par le péché originel est transmise aux descendants par le biais de la procréation charnelle, Augustin dresse un tableau empoisonné de la sexualité ». Puis il croit déceler des « incohérences et contradictions dans sa pensée. Car comment des parents qui, par le baptême, se sont lavés de la tache du péché originel, peuvent-ils néanmoins la transmettre à leurs descendants dans l’acte de procréation ? » On ne saurait mieux nier – ou ignorer – la nature du péché originel. Ce n’est rien d’autre que l’hérésie pélagienne, et la négation de la transmission du péché originel depuis Adam à toutes les générations, pourtant révélée par la Sainte Ecriture (cf. Ro 5, 12).

Logique avec lui-même, Schockenhoff plaide pour une réforme véritable de la morale, qui suppose l’abandon de la morale passée, jugée désuète et inadaptée. La nouvelle morale doit refléter « une adaptation plus ouverte de la compréhension des changements des conditions de vie et de l’évolution des connaissances scientifiques humaines sur le sens de la sexualité humaine ». Est-ce à dire que Freud ou ses modernes épigones en savent plus long que saint Augustin sur la morale ?

Le conférencier soutient en conséquence que, si « le mariage monogame, contracté sur une base permanente et avec la ferme volonté de fidélité à vie, est le meilleur cadre vital et institutionnel », il n’en demeure pas moins que, « pour être en mesure de réfuter de façon crédible le reproche d’une pratique discriminatoire à l’égard des personnes de même sexe (…), il est nécessaire de reconnaître inconditionnellement les partenariats homosexuels et de ne pas disqualifier moralement la pratique sexuelle qui s’y déroule ». Comment un prêtre de Jésus-Christ peut-il, en présence d’évêques successeurs des apôtres, tenir une position qui justifie et légitime le vice et le péché ? Et dire qu’il enseigne la théologie morale depuis trente ans.

Affaire à suivre.

Le chemin sera sans doute encore long jusqu’à une reconnaissance “honnête”, non de l’homosexualité, mais des couples de même sexe dans le cadre du dogme catholique. C’est pourtant de petits pas qui vont dans le bon sens.
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