inverti : toute l'actu gay (lgbt), geek, sport, culture…

La communauté gay qui casse les codes – Gay, Geek, Sport, LGBT… N'ayez plus honte d'être inverti !

Le Kenya retient son souffle.


18 février 2019 - lemarquis


J-4 sur les réseaux sociaux.

Les associations LGBT tiennent depuis des semaines le décompte des jours qui les séparent du 22 février. A cette date, la justice devra dire si elle décide de mettre fin à la criminalisation de l’homosexualité au Kenya. La décision serait doublement historique. D’abord parce que le pays, qui se voit comme une puissance économique et démocratique en Afrique, deviendrait l’un des rares du continent à ne pas condamner l’homosexualité. Ensuite parce que la loi qui la criminalise est une relique de l’époque coloniale : en 1897, les Britanniques promulguent deux articles du code pénal punissant « la connaissance charnelle contraire à l’ordre de la nature » d’une peine allant jusqu’à quatorze ans de prison. Le pays ne s’en est jamais défait. « Ces lois ont été introduites par les colons à une époque où ils essayaient de contrôler la sexualité africaine, où ils nous prenaient pour des primitifs, en nous disant comment nous comporter », dénonçait récemment Kari Mugo, de la Commission nationale pour les droits humains des gays et des lesbiennes (NGLHRC), l’une des associations à l’origine du recours. Pour ces dernières, ces restes du système colonial contredisent aujourd’hui la Constitution. Adoptée en 2010, elle donne une large place aux libertés et droits individuels, notamment en matière d’égalité et de dignité.

L’Inde à l’origine du recours.

La bataille judiciaire a débuté en 2016, avec le dépôt d’une requête devant la Haute Cour de justice de Nairobi. Le jugement était attendu pour l’automne 2018 lorsqu’un événement, survenu de l’autre côté de l’océan Indien, rebat brusquement les cartes. Le 6 septembre 2018, la cour suprême de Delhi abroge la loi criminalisant l’homosexualité. Elle aussi héritée du temps de l’Empire colonial britannique. La C.S. estime qu’elle représente « une arme de harcèlement contre la communauté LGBT ». Cette décision est aussitôt relayée dans la communauté gay kényane. La justice décide alors d’interrompre le processus en cours afin de réécouter toutes les parties, à la lumière de la jurisprudence indienne. On saura le 22 février si le jugement indien a fait basculer la cour.

Donnez votre avis !

Lire les articles précédents :
Agression homophobe à Gennevilliers, affaire classée il n’y a rien à voir !

Circulez, il n'y a rien à voir, pas de justice pour les victimes d'homophobie. Tout le monde a encore les...

Fermer