inverti : toute l'actu gay (lgbt), geek, sport, culture…

La communauté gay qui casse les codes – Gay, Geek, Sport, LGBT… N'ayez plus honte d'être inverti !

L’enfance maltraitée…. “Les gens bien élevés”.


24 octobre 2019 - lemarquis


Le violoncelle et les femmes de ma vie, mon féminisme.
Mes traumatismes ”à moi”.

Dès le départ, vous allez nous perdre.
Poignée de main, féminisme et parcours personnel.
Finalement, pas trop le choix. Être gai et gay, c’est à chaque instant.
Nous vous livrons donc l’histoire d’un homme.

Être homo, ce n’est pas un choix, mais vivre la douleur, ça, nous le subissons touTEs.
Ce n’est Jamais drôle d’être gaiE. Encore moins d’aimer l’Autre, de lui faire confiance.
CertainEs réussissent.
Nos parcours sont tous différents.
Pansons nos plaies ensemble et construisons un monde meilleur. Et n’oubliez pas en cas de constat le 119…

J’aime le piano.

Réellement et cependant avec une concession. Car à mes yeux, l’instrument crée par l’humain , c’est le prodigieux. C’est le violoncelle.
C’est la femme dans tout ce qu’ elle peut être.

J’entends déjà certaines féministes crier à l’hallalie. Tout cela parce que je suis un homme. Puéril et sans intérêt.

La forme même du violoncelle rappelle le galbe d’une femme. Certes prononcé, mais exactement cela, des hanches et une poitrine. Ensuite, en terme de sonorité, cela va du plus grave au plus aiguë.

Du plus grave au plus aiguë.

J’ai été élevé dans un système matriarcal…. celui où la femme assumait tout. Et du coup, en plus de mon éducation rigoriste fin XIXe, j’ai écouté toutes les ”femmes de ma vie ”, enfant.
J’ai été élevé dans le culte d’une femme, la grand-mère de ma grand-mère qui a élevé seule cinq enfants parce que son mari parti en 1914 est ”mort au champ d’honneur ”. Rassurez-vous, elle n’avait aucune aide.

J’ai été élevé dans le culte de la Femme. Parce que ma grand-mère maternelle a su assumer jusqu’au bout dans l’Amour un homme invalide puis grabataire, sans soutien, sans aide, tout en élevant, enfants, petits-enfants, les enfants des autres, conseillère municipale, vice-présidente de la Croix-Rouge et du Souvenir Français. Elle est la gosse qui a, en apnée, évité le pire de 1941 à 1944.
J’ai vénéré Simone Veil, mangé les livres de Françoise Giroud et de tant d’autres…

Et puis…

J’ai mon histoire personnelle, très intime. Celle que l’on cache derrière un sourire, une souffrance ou une posture.

Les seules figures paternelles réelles que j’ai connu, sont celles de mon pépé que j’ai perdu à 6 ans. Je fuguais de l’école pour le retrouver, courageux, à 3 ans, s’il vous plaît… Il est parti trop tôt.
Combien de petits verres de ”rouge” grenadine, j’ai pris avec lui. Combien de fois, lui le radin, m’offrait tous les plaisirs de la vie. La nature, la culture, l’ouverture à l’Autre et le respect, pas l’amour, le respect. C’était Lui mon pépé Geo. C’est même grâce à lui que juste en mettant les mains dans la terre que je sais si elle est riche ou pauvre. Aujourd’hui, cela ne me sert à rien, mais la terre, elle est mon amie, Ma Mère Terre. Mon grand-père détestait la chasse. Il était né en 1905… Juste à comprendre la nature. Il m’a juste dit un truc mon pépé avec sa façon posée de parler, la poésie de l’homme vrai. Je n’ai pas compris de suite. ”Sur les hommes, saches que c’est pire que la peste”. Tu m’étonnes, il s’était sorti vivant de Dashau.
Si vous voulez connaître sa voix, dégustez Gabin.
Et celle de mon père qui me frappait, m’insultait, m’humiliait, jusqu’à en avoir les fesses tellement violettes que le sang perlait pour un carnet de notes pas à la ”hauteur”. Ensuite, cela devint un jeu.

J’ai appris à mentir lorsque j’ai eu six ans. C’est ainsi que je devins un souffre douleur.
J’ai été violé à six ans… Je me souviens de tout rassurez vous. Chaque image, chaque détail est ancré dans ma mémoire. Jusqu’au grain de beauté sur ce gland, à gauche et proéminent. J’avais un cartable très très lourd après cette première journée d’école en CP. Pourtant, je ne sais pas pourquoi, une fois que mon bourreau m’ait relâché, plein de sperme sur mon visage et ma blouse, mon cartable ne pesait plus rien. Je hurlais et pleurais. J’ai couru jusqu’à l’épuisement vers mon géniteur.
La belle réponse de celui-ci fût ”mensonge, où etais tu ? Tu es sale”. Lot de consolation, une paire de giffle. Puis, il se reprit, trop tard. L’horrible tortionnaire qui devait avoir subi les mêmes sévices avait bien sûr disparu.
Depuis ce jour, j’ai appris à me taire, à ne rien dire… et je n’ai plus jamais fait confiance à un homme… enfin presque.
Mais, les femmes de ma vie m’entouraient.
Je ne sais pas si elles étaient honteuses de moi ou des sévices que je subissais. De la ”honte suprême” dont j’avais fait l’objet.
Alors oui, j’ai longtemps eu du mal avec les attouchements corporels. Sauf ceux salutaires de ma mère qui pourtant laissait faire.
Pour m’éloigner, ils me mirent en pension catholique.
”Merveilleux environnement.”
J’avoue qu’encore aujourd’hui l’excuse ”des profs toujours en grève” passe mal.
Mais, je fermais ma gueule comme un bon petit soldat.
En primaire, j’étais ”le con” Surnommé ainsi par mon père. Mais , vu mes résultats, ça allait.
Je n’arrivais pas à apprendre mes poésies.
Les fesses bleues et insultes, cela va de soi.
Je ne comprenais rien aux mathématiques, des coups, cela va soit.
Physique-chimie, je ne comprenais rien, des coups, plus que logique…
L’enfermement, les sévices devenaient, année après année, de plus en plus pesants.
J’ai un très beau train tout neuf, succès de mes excellents carnets scolaires de primaire.
M’en servir aurait ”mis le bazar” dans la maison.
Pas d’amis à la maison, non plus. ”Ça crie, ça met le bazar.”
Mon refuge, et merci à eux, les LEGO.
J’avais des peluches, des poupées, avec qui vivre. Combien de fois ai-je entendu ”tu n’es pas chez toi”… Ma chambre, c’était le seul monde dans lequel j’avais le droit de me réfugier le dimanche ou durant les ”petites vacances ”.
Si, j’ai eu le droit à un ”copain”. Comme, je le considérais comme un ”petit frère ”, c’était rassurant.
J’ai eu des difficultés au collège. C’était invivable. Sévices, insultes, profs comme élève… et les vacances scolaires, c’était punitions, humiliations.
Journée type au collège :
Lever 6h, devant l’ ”auge”, lavage à l’eau froide, fenêtres ouvertes été comme hiver, et nus.
Mes seuls moments de paix, c’était le mercredi à partir de 13h jusqu’à 19h chez ma grand-mère paternelle.
Je pouvais passer une heure au téléphone avec mon ”copain ”. Regarder le Club Dorothée et apprendre avec elle posément mes cours de français et d’histoire. Nous partagions ces passions.

J’avais aussi ces moments de ”pause” chez mon autre grand-mère le samedi et la moitié des vacances scolaires…depuis le CP jusqu’à la fin du collège.
Des moments de grâce pour moi, pas pour elle.
Elle avait son mari malade, mon cousin bébé en charge… ça, c’est une autre histoire, et moi, j’étais là, assis entre trois chaises. Compliqué à faire.
À 6 ans je savais changer une couche.
Mon refuge c’était chez elle. Elle a été celle qui m’a défendu jusqu’au bout. Jusqu’au jour où elle m’a trompé. Elle pensait bien faire. Mais je remercie mon Dieu de pouvoir encore lui dire qu’elle a été mon refuge. Même si je déteste toujours autant le tapioca et la cervelle.

Alors, pour en revenir à nos moutons, ces trois femmes m’ont appris à d’abord considérer l’Autre sexe comme son égal.
De respecter les plus âgéEs. De ne jamais insulter les personnes sauf si elles attentaient à la vie ou à l’avenir d’autrui.

Ne pas tendre la main à une autre personne ce n’est pas ne pas la respecter. C’est une question d’éducation.
D’ailleurs la main ou la joue transmet plus de microbe qu’un pied.
Si je porte un ”couvre-chef”, je le soulève, incline ma tête et ‘je dis ‘bonjour”. Où est l’inégalité ?
Et bien oui, si une personne plus âgée, une femme, un enfant me tend la main, je la lui sers. Mais jamais, pour touTEs ces femmes qui m’ont inculqué ses principes, aimé, je ne tendrais la main à une femme pour la saluer. La politesse a tellement d’autres manières d’agir pour être féministe.
L’égalité passe parfois par juste le parcours de chacun.
Lorsque ma grand-mère paternelle agonisait, nous qui récitions Hugo, Eluard et tant d’autres.

Je suis arrivé à temps, vivant à Orléans à l’époque, pour lui tenir la main. Enfin, ce qu’il restait d’elle et lui réciter ce poème d’Eluard tout en pleurant.
Cette femme qui était mon Amour, une de mes ”femmes ”, je lui ai dit ”pars, nous sommes sereinEs ”. ET sur les paroles d’Eluard, répétez depuis l’enfance, elle est partie comme une bougie qui enfin s’éteint. ”Et un sourire ”.
La flamme de ma vie s’édeindra lorsque je n’aurai plus de combat à mener ou par épuisement.
Mais non, d’office, je ne serrerai jamais la main de quiconque. La Bise, oui pour ma fraternité.
La bise oui, avec d’aucunEs et dégoût.
Par contre, oui, une carresse amicale, un sourire, un tendue de main, un salut de la tête, aucun souci.

Crédit photographique : Le Dauphiné.

 

Donnez votre avis !

%d blogueurs aiment cette page :
Lire les articles précédents :
Comment parler théâtre ? A en devenir fou ?

Merci à Christophe Combarieu et Matthieu Wilhelm de nous proposer ce merveilleux rendez vous. C'est ce lundi, et je suis...

Fermer