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Le CCNE ne recommande pas l’ouverture du don du sang à tout le monde !

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Le CCNE dans sa majorité recommande que –dans l’attente des résultats des recherches et des évolutions demandées – les contre-indications actuelles soient maintenues.

Le rapport de 38 pages du Comité Consultatif National de l’Éthique liste différents motifs pour maintenir les contre-indications pour donner son sang. En effet, une contre-indication fait débat dans notre société : contre-indication permanente pour les hommes ayant eu une relation sexuelle avec d’autres hommes.

Si vous êtes dans ce cas, vous n’avez pas le droit de donner votre sang même si ça fait plus de dix ans que vous avez eu cette relation homosexuelle.

Des raisonnements scientifiques ?

Non. Le CCNE se base sur des statistiques, des estimations qu’il remet lui même en cause :

Ces estimations (qui doivent être prises en compte comme des ordres de grandeur et non comme des données précises) concluent donc à une incidence 200 fois plus élevée de l’infection par le VIH dans la population des hommes ayant eu, au cours des 12 derniers mois, des relations sexuelles avec des homme(s), que dans la population des personnes nées en France n’ayant eu que des relations hétérosexuelles.

Quelle est la véritable menace ?

Le problème que souligne le CCNE est le fait qu’un homosexuel peut avoir des pratiques dites dangereuses. Et que cette dangerosité est chiffrable même si le CCNE reconnait que ce ne sont que des grandeurs.

La seule chose dont tout le monde est d’accord, est le nombre de jours où le VIH n’est pas détectable. Cette période serait de douze jours. D’où l’incompréhension au niveau la contre-indication permanente.

Le CCNE explique que le danger à propos des donneurs est qu’ils donnent leur sang en sachant qu’ils aient eu des relations à risque. Mais encore une fois, le CCNE s’appuie sur des chiffres  dont il remet en cause l’intérêt au niveau de l’étude :

En ce qui concerne la prévalence de l’infection chez les nouveaux donneurs de sang qui ont déclaré ne pas avoir de comportement à risque constituant une contre indication au don, il y avait, à titre d’exemple, en 2010, sur les 368.000 nouveaux donneurs, 18 donneurs dont les tests biologiques, au moment du don, ont révélé qu’ils étaient infectés par le VIH, ce qui correspond à 0,005% des nouveaux donneurs. Cette prévalence est 50 fois inférieure à la prévalence dans la population générale, ce qui indique que, dans leur immense majorité, les personnes ayant des comportements à risque décident de ne pas se présenter pour donner leur sang.

Pourquoi une contre-indication permanente ?

Le CCNE a peur d’un regain d’homophobie si nous apprenons qu’un donneur homosexuel a eu des relations à risque et ayant contaminé des transfusés. Il met également l’accent sur le fait qu’il n’y a pas eu de contamination au VIH par un don de sang depuis 2002.

De plus, dans certains cas, certains donneurs ayant eu une relation à risque, donneraient tout de même leur sang :

Le caractère préoccupant de ces études ne tient pas tant au niveau, très faible, de l’incidence, qu’au fait qu’elles révèlent que certains donneurs de sang réguliers font des déclarations inexactes concernant des comportements sexuels à risque qui font l’objet actuellement de contre-indications du don du sang.

Et donc, c’est pour cette raison qu’il faut continuer à interdire le don du sang à toutes les personnes ayant eu une relation homosexuelle dans leur vie.

Que dit la Ministre de la santé ?

Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, essaie de faire changer les mentalités concernant le don du sang pour tous. Mais en face d’elle, plusieurs personnes veulent garder en l’état ce qui fonctionne. Car depuis 2002 personne n’a été contaminée par une transfusion du sang. Et ses détracteurs ajoutent que le don du sang n’est pas un droit.

Certes, mais au vu des campagnes publicitaires récurrentes sur les réserves de sang, il serait temps de trouver une solution pour avoir plus de don. Et en stigmatisant une catégorie de la population sans justification scientifique, certains citoyens hésitent à donner une goutte de leur sang.

La Cour de Justice Européenne s’invite dans le débat.

De plus, la cour de justice européenne étudie une plainte contre la France dans l’affaire de discrimination d’une partie de la population par rapport à leur sexualité. En effet, l’avocat général de la cour remet en cause la contre-indication permanente vis à vis des hommes ayant eu une relation sexuelle avec d’autres hommes.

Plusieurs pays de l’UE ont d’ailleurs modifié leur règlement pour ne mettre qu’une contre-indication temporaire supérieure à la fenêtre des douze jours pour les hommes ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes.

L’État français et donc Marisol Touraine sont dans une impasse car le CCNE demande à ce que rien ne change alors qu’une majorité des français ainsi que la cour européenne de justice vont dans l’autre sens.

Le débat est donc loin d’être clos.

MAJ du 04 Avril 2015 :

L’Assemblée Nationale ne suit pas la recommandation du CCNE et ouvre le don du sang à tout le monde ! A lire ici !


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