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Nous n’oublierons jamais… C’était un vendredi 13 novembre, heureux et doux, il nous semblait.

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Ce vendredi 13 novembre 2015 semblait propice à de jolies ballades, à la joie, à la douceur et au partage. Tout le monde voulait en profiter, en terrasse, en concert.

Vivre joyeusement ! Respirer, oublier les tracas du quotidien grâce à cette douceur automnale. C’est ce à quoi, chacunE aspirait. C’est que la météo était clémente et que Paris semblait plus que jamais festive. Avant l’heure, c’était déjà le bonheur.

C’était presque un instant suspendu.

La province semblait calme, douce , aimante. Paris paraissait heureuse et festive, prête à tous les excès ou les accents !

Cinq ans plus tard, la France bouge moins, danse moins, malgré ce ciel doux. Paris, tête basse n’oublie pas. La France se demande encore ”pourquoi ?!?”

Cela avait un avant goût de printemps.

L’hiver n’était pas encore arrivé. Moi, dans l’Ain, à Bellegarde je ”ralais” car les premières neiges tardaient. Il faisait presque trop chaud, trop beau. Même si, j’étais content et heureux de cette douceur. Quelques amis sur Paris m’ont dit vouloir profiter des terrasses. Oui, c’était si agréable ! Je n’étais pas pressé de rentrer chez moi. J’ai lezardé un long moment en terrasse. Et chauffé par le soleil à lire ou regarder les stories des parisiens, je me suis dit qu’une soirée en terrasse serait la bienvenue. Réservation chez les potes faite, j’ai donc bien profité de ma fin d’après midi, près de cette chère Valserine, non loin du Rhône prêt à l’engloutir. Tout était parfait.

Il ne reste que le goût de la poudre et du sang.

Je ne sais plus à quelle heure était ce vraiment. Je me souviens seulement que mon téléphone vibrait continuellement. J’étais bien à la terrasse du restaurant de mes copains. J’ai vu une dame sortir en pleurant. Sottement, je me suis dit ”une femme trompée ou éconduite”. Puis, un, puis, deux, puis, trois, puis une dizaine de SMS pour me dire ”je suis en sécurité”. Puis un SMS qui avait une drôle d’odeur. C’était l’odeur de la mort. C’était presque un adieu avant l’heure. J’ai compris que certains vivaient l’invivable,  l’impensable. Je n’ai pas de suite pris conscience du carnage, de l’enfer, de l’ignominie. J’ai appelé mon pote qui m’avait envoyé ce SMS si étrange. Heureusement, il n’était pas au Bataclan. Un jour, il en est mort pourtant. Et ceci quelques semaines avant ce cinquième anniersaire. C’est un ange aujourd’hui. Son prénom était Denis.

130 morts mais au final, combien de victimes ?

Entre les blessés, les morts et les victimes collatérales endeuillées ou ”percutsées”, ce sont plusieurs dizaines de milliers de personnes impactées. Du sauveteur, aux forces de l’ordre. Du parent à l’ami ou à la victime, c’est toute la famille France qui a été violée, souillée, blessée, tuée.

Les fous nous ont volé une belle soirée d’automne. Ils ont fauché, massacré bien des vies. Mais jamais, il n’arriveront à nous faire ployer le genou. Une belle soirée, nous pourrons toujours la revivre.

Malheureusement sans celles et ceux qui à jamais sont devenus silence.

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Par publié le 13 novembre 2020

Twitter : @MarkBach5

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