Enzo a treize ans. Depuis presque 5 ans sa vie d’enfant peut se résumer en un seul mot : enfer. Le harcèlement scolaire, il connaît par cœur, mieux encore que toute autre leçon. L’injustice et l’indifférence, cela aussi, parce qu’il les côtoie contre son gré parfaitement quotidiennement. Gilbert Bécaud en parle si bien. L’indifférence

 

Trois tentatives de suicide.

Oui, vous avez bien lu. Depuis le CM1, Enzo a fait trois tentatives de suicide. Nous préférons l’écrire deux fois pour être bien certain que vous puissiez bien aller au delà de l’effroi de cette nouvelle. Imaginez ce qu’il se passe dans la tête de ce jeune garçon pour qu’il puisse en arriver à une telle extrémité. Tentez d’envisager ce qu’il doit être obligé d’endurer pour commettre un tel acte, non pas une, mais trois fois.

Enzo, un enfant de douceur.

Pourtant Enzo est un jeune collégien comme tant d’autres, comme les autres. C’est un enfant timide, réservé, doux, qui sait même, peut-être rêveur. Et il est excellent élève. Il va dans un atelier théâtre. Qui sait si cela ne lui permet pas de s’échapper à la réalité ? Enzo rêve de jouer du piano. Il aime le comique Booder . Et adulte, il souhaite devenir avocat. Ensuite, il a comme tant d’autres quelque chose en plus. Car lui, son originalité est qu’il est ”dys”. Cela le contraint à travailler en cours avec un ordinateur et un accompagnateur. Et enfin, il se reconnaît comme étant homosensible.

L’enfer du quotidien.

Cela remonte donc au CM1. À cette époque, il vivait avec sa maman sur La Rochelle. C’est à ce moment que sa vie scolaire a basculé. C’est là que son enfer a commencé. Le harcèlement était si difficile à supporter qu’avec le concours de son pédo psychiatre, il a été temporairement déscolarisé.  Cela n’a pas duré. Il lui a fallu retourner à l’école. Cela semblait si injuste et si difficile à supporter qu’il a tenté de sauter par la fenêtre. Ils habitaient au sixième étage.  Sa maman a juste à temps réussi à le rattraper.

Le calvaire continue et enfle.

Pour des questions familiales et peut-être, pourquoi pas, s’inventer une nouvelle vie, la petite famille s’installe à Marseille. Le collège n’est pas un lieu d’épanouissement, d’accueil et de joie pour Enzo. Son enfer recommence. Ils sont huit ”personnages”, pré ados, à prendre pour cible notre jeune camarade.

Lila, sa maman, tente la conciliation avec les parents, le corps enseignant, la direction. Rien ne bouge, ne se passe. Elle voit son enfant, son petit homme, dépérir. Malgré ses alertes constantes. Rien ne se passe, rien ne bouge.

Au quotidien, Enzo subit brimades, insultes, homophobes ou autres, bousculades et autres maltraitances.

Au quotidien, sa maman,
le récupère dans un état pitoyable.

A force de signalements, de demandes de rendez-vous, de réclamations justifiées pour réparation, c’est elle qui passe pour une affabulatrice, pourquoi pas’ ”une folle”. Quelle mère ne serait pas folle devant l’enfer que subit son enfant ?
Surtout avec les différentes réponses du soit disant corps enseignant.
”Nous n’avons pas plus de cinq à dix minutes a vous consacrer”
Enzo est contraint de s’asseoir aux côtés de l’un de ses harceleurs par ses professeurs. ”C’est juste une maladresse”.

La dernière ”pirouette”’ étant qu‘Enzo, fragilisé, timide et nous osons écrire ”massacré” de l’intérieur à la lecture de différents documents médicaux, il lui est réclamé de faire face à ses huit tortionnaires. L’institution éducatrice préférant les bourreaux au victimes. En France, pourtant, ce n’est pas à une victime d’apporter la preuve de ce qu’il subit, mais c’est aux bourreaux de se dédouaner. Sauf qui sait, pour Enzo ?

Ceci est le quotidien de ce bouton d’homme qui demande juste d’être respecté et entendu à défaut d’être compris. Et ceci afin de s’épanouir et s’assumer.

La détresse d’Enzo

 

La beauté de nos différences. L’enfer de l’injustice.

Face à cette situation, notre rédaction ne pouvait pas ne pas s’impliquer. Oui, Enzo, comme tout être humain est différent de ses congénères. Et, nous en sommes fiers. Mieux, nous sommes honorés d’avoir pu échanger quelques mots avec lui. Mieux encore, nous allons le suivre et l’accompagner. Car nous, nous sommes fiers d’avoir un petit frère humain comme lui.

N’épuise pas tes mains Enzo à tenter d’écrire avec. Tu es tout aussi bien compris avec ton clavier, ta bouche, ton cerveau et ton cœur. Parfois, même les silences en disent plus long qu’un discours.

Ce n’est pas toi, Enzo, qui est différent. 

Ce sont bien celles et ceux qui sont tes harceleurs qui sont différentEs. Ce sont bien celles et ceux qui sont indifférentEs à ta situation qui sont différentEs. Car ces personnages se sont sortis d’eux même de ce qui se nomme humanité.

Sur le fronton des établissements scolaires est écrit les principes de notre société, nation, humanité.

”Liberté, Égalité, Fraternité”.

Là, en l’occurrence, ils sont plus que bafoués. Non, sur Inverti, nous ne cautionnons pas. Nous combattrons. Car ce n’est réellement pas cela ‘‘Ma France” !

 

 

 

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