L’homophobie se porte bien, merci.

Une augmentation de 4,8 % en un an.

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les LGBTphobies qui aura lieu le 17 mai prochain, et pour la 21e année consécutive, le rapport annuel sur l’homophobie est publié ce jour par SOS Homophobie. Pour la deuxième année consécutive, les actes homophobes ont augmenté en 2017 selon le rapport. Cela confirme la “bonne” santé de l’homophobie dans notre pays.

L’an dernier, SOS Homophobie a recueilli 1.650 témoignages d’actes homophobes, en augmentation de 4,8% par rapport à 2016 (1.575 témoignages), une année qui avait déjà enregistré une forte hausse (+19,5%). Même si nous sommes bien loin de 2013 avec ses 3.517 témoignages. Pic cette année- là, comme le souligne l’association, consécutif  à l’adoption de la loi sur le mariage pour tous Et le niveau “se situe dans la fourchette haute” des années qui ont précédé la loi Taubira, souligne SOS Homophobie.

Ces chiffres diffèrent de ceux de la DILCRAH qui eux ne constatent qu’une augmentation de 0,58%. Ceci est sans doute en grande partie du au fait que tous les actes et plaintes enregistrés ne sont pas obligatoirement qualifiés d’actes homophobes. Ceci ajouté au fait, que toutes les victimes ne déposent pas plainte à l’encontre de leurs agresseurs.

Les agressions physiques augmentent de 15%.

Les agressions scolaires déclarées de 38%.

Parmi les témoignages recueillis, dont certains pouvaient cumuler plusieurs actes homophobes, les manifestations de rejet (62%) et les insultes (52%) sont les faits les plus fréquemment relevés, devant les cas de discrimination (34%), de harcèlement (20%) et de menaces et chantage (19%).

A cela, et de façon inquiétante, nous pouvons ajouter la “formidable percée” des agressions physiques en augmentation de 15%. Elles passent de 121 en 2016 à 139 en 2017. Cela correspond à une agression physique LGBTphobe tous les trois jours.

Autre signe d’inquiétude à relever, c’est la recrudescence des agressions en milieu scolaire signalées à SOS Homophobie. Elles augmentent de 38%.

Nous ne devons pas oublier non plus, la LGBTphobie ordinaire vécue et subie quotidiennement au sein de la famille, de l’entourage et du milieu professionnel.

Dans sa déclaration de présentation de son rapport, l’association relève ce triste constat :

Face à des LGBTphobies de plus en plus violentes, les victimes de lesbophobie, de gayphobie, de biphobie et de transphobie hésitent de moins en moins à parler et à témoigner. La reconnaissance progressive des droits des personnes LGBT leur a permis de ne plus se cacher et de s’affirmer. Toutefois, dans le contexte électoral de 2017, les discours publics LGBTphobes nourris par des organisations conservatrices et leurs relais ont légitimé l’homophobie et la transphobie et favorisé le passage à l’acte, ce qui peut également expliquer la hausse des chiffres.

Depuis plusieurs annés, le Rapport sur l’homophobie montre qu’Internet est le lieu privilégié de l’expression d’une parole LGBTphobe. Propos injurieux, diffamatoires ou appelant à la haine ont notamment proliféré sur les réseaux sociaux. C’est pourquoi l’association met en place dans les jours à venir un outil pour lutter contre les nombreux propos LGBTphobes présents sur les réseaux sociaux.

En conclusion, l’association annonce ses projets pour la “saison de lutte 2018-2019” :

Dans ce contexte, SOS homophobie reste encore plus attachée à ses missions de soutien aux victimes et de prévention des LGBTphobies. Grâce à notre ligne d’écoute anonyme ouverte tous les jours, et à notre service d’accompagnement juridique, nous apportons un soutien et une écoute aux victimes qui nous sollicitent. Dans les écoles et au travail, nos bénévoles sensibilisent chacune et chacun aux LGBTphobies.

Enfin, nous poursuivons ardemment notre combat en faveur de l’égalité des droits. Alors que les débats de bioéthique ont été clôturés et que la synthèse du CCNE sera publiée en juin prochain, nous souhaitons l’ouverture de la PMA dans un climat apaisé, afin d’éviter la montée de la haine homophobe. Nous demandons aux pouvoirs publics qu’ils entendent la majorité de Français·e·s favorables à la PMA selon plusieurs sondages d’opinion1 2 et portent au plus tôt un projet de loi sur l’ouverture de la PMA et la filiation pour garantir la sécurité sanitaire, juridique et matérielle de nos familles.

Inverti et tous ses acteurs resteront les alliés des défenseurs des droits et continuerons à lutter contre toutes les formes d’agressions et de discriminations.

C’est bien pourquoi, comme hier, je vous lance à nouveau cet appel aux dons pour Urgence Homophobie, comme peut le faire Franck Le Hen…

 

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