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Tapis rouge pour Girl…


16 mai 2018 - lemarquis


Ovation du public.

Après vous avoir mis en avant il y a trois jours un film nous contant la découverte de l’amour de deux adolescentes en Afrique, ce même jour, le 13 mai, un film bouleversant a ému la croisette et il se chuchote qu’il pourrait même remporter la caméra d’or. Le film était présenté lui aussi dans la catégorie Un Certain Regard.

L’histoire pourrait être simple. Celle d’une jeune fille qui se voit ballerine. Elle endure toutes les souffrances physiques et psychologiques pour réaliser son rêve. Son rêve est double. Car Lara est un garçon.

Le garçon qui se rêvait ballerine.

Elle a quinze ans. Elle est jouée par un garçon du même âge, Victor Polster, dont le visage est tout en angles délicats. Le personnage et son interprète, leur rencontre et leur fusion aussi magique que dramatique, ont été célébrés dans un même élan par les spectateurs. Ils ont aussi ovationné son réalisateur de 26 ans, le belge Lukas Dhont, révélation du 71e Festival de Cannes. Certains parlent déjà de lui comme du Xavier Dolan belge.

Victor Polster est un danseur adolescent qui s’est lancé avec énergie dans l’aventure d’un rôle transgenre pour son premier contact avec le cinéma. Le réalisateur, novice lui aussi, lui a donné tous les atouts en le dirigeant d’une main ferme et gracieuse vers Lara, filmant son charme troublant, sa calme obstination, son ardeur au combat et la profondeur de ces angoisses, comme dans ce plan où la jeune fille se dérobe sèchement à qui pourrait entrevoir une poitrine qui ne prend pas forme assez vite.

“L’incarnation de la parfaite féminité.”

L’acteur est aussi un corps d’adolescent livré à toutes les métamorphoses, un corps en mouvement permanent, un corps soumis à la cruelle discipline que l’on s’inflige pour exister, un corps en guerre contre les limites qu’on pourrait lui imposer, un corps de garçon, un corps de fille unis dans la volonté et la souffrance. Pieds en sang, jambes en feu, dos tendu, ventre noué, tête raide, sexe comprimé sous les pansements, sexe effacé, sexe douloureux. « Le corps de Lara, explique le réalisateur de 26 ans, est montré dans toute sa complexité, sous toutes ses facettes et aspérités, intérieures comme extérieures. Le fait qu’elle veuille devenir danseuse étoile est emblématique, car la ballerine représente à ses yeux l’incarnation de la parfaite féminité. »

Victor Polster a du violenter (violer ?) son corps pour atteindre l’absolu que cherche Lara. Il lui a fallu s’abimer les pieds pendant des heures pour travailler les pointes. Quand son personnage souffre, il fait des miracles pour qu’elle ne le montre pas, mais qu’on ressente chaque piqûre de la douleur. Lara est une exilée qui se retranche derrière les paravents de sa volonté, repousse le regard des autres avec une pudeur qui est un masque de fermeté. Quand on la surprend dans sa chambre, elle a dans les yeux un éclat farouche, le cinéaste pousse son héroïne dans ses retranchements et on sait comme lui que rien ne pourra l’arrêter.

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