Un marquis à la dérive sur le net : j’ai traversé la rue…

J’ai traversé la rue.

De l’ombre, je suis passé à la lumière. Pardon au soleil. Merci cher Manu. Par contre, bizarrement, même en soulevant le sabot d’un cheval, les emplois ne s’y trouvent pas, même au soleil. Par contre la connerie, de jour comme de nuit, elle persiste. La haine, elle reste aussi vile et dégueulasse. Donc, mon édito n’a pas le goût de la colère, c’est encore pire. Et j’offre donc cet édito à cet homme qui parce qu’il aime c’est fait agressé.
Et foncièrement triste et presque horrifié par ses premiers mots.

Je savais qu’un jour ça arriverait.

Je savais qu’un jour ça m’arriverait. Une agression homophobe violente en pleine rue. Je savais qu’un jour je devrais faire ce choix : prendre une photo et la publier ou ne pas la publier. Avec les conséquences que cela aura dans les deux cas. Je ne savais juste pas quand cela aurait lieu. C’est donc aujourd’hui.

Hier soir, avec mon copain, nous sommes allés voir jouer une amie et collègue comédienne dans un petit théâtre du 20ème arrondissement de Paris. Alors que nous sortions prendre l’air et attendre notre amie, nous avons eu le malheur, en discutant, de nous serrer dans les bras. Un câlin. Juste un câlin. Il était 22h00.
Un groupe de trois jeunes, postés à une vingtaine de mètres, nous a vus. Ils nous ont interpellés. Comme nous les avons ignorés, ils se sont rapprochés. Un flot d’insultes homophobes sortait de leurs bouches. Ils exigeaient que nous quittions “leur quartier” où “y a pas de PD ici”. Comme nous avons refusé de partir, les insultes sont devenues plus graves, plus haineuses. Puis un quatrième les a rejoints. Un gamin qui paraît avoir douze ans. Et c’est lui qui a appelé des renforts. Un scooter avec notre cinquième et sixième agresseurs. Insultes, bousculades, menaces. On ne cède pas. Le chauffeur du scooter détache son casque, le retire, et me frappe avec. Deux coups portés à la tête. Tout va très vite. Les spectateurs du théâtre voient la scène, arrivent en courant, les font partir et nous mettent à l’abri.
Mon copain n’a rien, fort heureusement.
Pour moi un traumatisme facial, avec ecchymose et oedeme périorbitaire. 7 points de sutures et plusieurs jours d’ITT.

Voilà. Nous avons fait le choix de partager cette photo et notre histoire. Nous avons fait le choix de porter plainte.
Pour que ces violences cessent enfin, même si nous ne nous faisons pas d’illusions…”

Je souhaite courage et bonheur à Arnaud Gagnoud et son compagnon. Comme à toutes les victimes de haine et de la méchanceté gratuite. Je vous associe aux haineux et sales Monsieur Zemmour… Oui Arnaud a un prénom bien français. Mais cela ne l’a pas empêcher de se faire insulter, frapper et être discriminé. Juste parce qu’il aime. Habsatou Sy aussi aime… la France, pas les cons.

Bonne semaine à tous, malgré tout.

Votre dévoué,

Crédit photographique : Libre de droits.

 

 

 

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