Une soirée avec Ludovic Flamand ou le feu d’artifice en mots et mélodies.

Lorsque vous rencontrez  pour la première fois dans l’intime Ludovic Flamant, vous vous dites simplement, soit cet homme est fou, soit cet homme est doux… En réalité, il est solaire ! Et je l’admets, je n’en peux plus de toutes ces personnes solaires que j’ai le bonheur non dissimulé de croiser. Ils nous inondent de bonheur ou de joie. En toute intimité, je vous confierai, qu’il ne faut pas chercher à interviewer Ludovic avec un fond sonore… Il ne vous écoute plus et s’enferme le temps du morceau dans les “vibes” de la mélodie.
Je vous assure que discuter, échanger avec lui, c’est juste un feu d’artifice de mots autour de la création et des influences musicales de cet homme. Mais finalement à part être le sosie presque parfait de deux acteurs français, qui est réellement cet auteur- compositeur- interprète ?

Ma musique est une couleur !

Comment décrire sa musique, son univers, son lui ?
Impossible ! Un arc en ciel n’y suffirait pas. A compter de quatre, vous commencez tout juste à appréhender ses goûts, ses références et les univers dans lesquels il est en capacité de vous emmener.
Il est recommandé de manger cinq fruits et légumes par jour. Selon ses propres indiscrétions, lui, “c’est juste 5 fois par jour minimum“… A chacun sa libre interprétation, derrière, hum, ou devant ! Private joke ? May be !
Ma musique, c’est un texte, le sens et la couleur qui vont dans le même sens. Gainsbourg disait ‘le texte rejoint le son’. Il n’y a pas de sens dans une chanson. Une chanson, c’est un tableau. C’est bien.
Çà peut être rigolo. Une anomalie rythmique, çà peut être rigolo !
quand enfin tu trouves la ligne, c’est quasi mystique.
Pour trouver le bon son, la bonne note, de façon imagée, c’est comme si tu avais un ancien auto-radio à boutons et que tu tournes délicatement le bouton pour trouver le ‘son’ qui te plait. Et bien pour ma musique c’est pareil. Je passe mes journées à tourner ce fameux bouton pour trouver LE BON SON. Je tente de trouver la bonne fréquence, le bon vibe ! La musique doit savoir parler à tout le monde. Je considère que ma mission c’est d’amener des fréquences. Vu que je suis sensible à certaines couleurs, j’en exploite plus que d’autres.

Qui es tu Ludovic ?

Qui suis je ? Mais tout le monde s’en fout de qui je suis. Je pense que le plus important c’est ce que je donne à écouter, pas ma personne ou mon histoire. D’ailleurs, dans ma musique, c’est moi que l’on retrouve. Bon Ok, puisque c’est toi, je vais dire quelques trucs quand même…
Je suis un enfant gâté parce que la nature m’a doté de la capacité des perceptions proches du divin. Je sais, c’est prétentieux de dire cela.
Lorsque je dis que je suis un enfant gâté, je ne parle pas matériellement, c’est une question de fulgurance, de capacité d’absorption.
Je ne suis ni laid, ni avec un handicap.Enfin si, je suis dyslexique. J’ai fait des années de rééducation. Sans cela, je serais incapable de parler, écrire et savoir lire. Lire… Lire mais que c’est un doux plaisir !

Je suis né à Orléans, puis au bout de six mois, mes parents sont partis vivre en Normandie puis, en banlieue parisienne.
Mon plus vieux souvenir, c’est que j’ai fini au commissariat. Je ne parlais presque pas. J’étais scotché devant une vitrine de figurines d’animaux en cristal. Et mes parents m’ont perdu.
Et autre petit détail de ma petite enfance, c’est que je fuguais de la maternelle ! Je n’avais pas envie de faire la sieste. Je préférais et de loin jouer dans le grand jardin de chez mes parents.
J’ai fait le conservatoire de guitare classique de Suresnes. Théâtre Jean Villar. Class, non ?
Je dois rendre hommage à ma prof Anne Michard . Elle est très intelligente car elle nous faisait aussi travailler des pièces modernes. J’ai fait cela jusque mes vingt ans.
Après, j’ai accompagné des groupes.
Aujourd’hui je te dirai que je suis fataliste. Car plus jeune, plus j’essayais de provoquer les choses, plus je stressais, pour au final être toujours déçu.
Je suis un homme de 38 ans qui voit le monde changer. Et comme tout le monde, je ne suis qu’un spectateur.
Mais j’essaie de retenir et uniquement cela, ce qui me tient à coeur.
On est tous parfois habités par la violence.  Et, c’est parfois la seule expression de la vie !
Mon but est d’exprimer une parcelle de vie.”

Quelles sont tes influences ?

Nous avons la nuit devant nous ? (Rires). C’est tellement vaste ce sujet !
Je suis parfaitement capable de faire le grand écart. Je passe du baroque à la pop anglaise tout en faisant un détour par le rock métal ! De Jean Sainte Colombe, Richard Aschroft, en passant par les Beach Boys (très important ! les Beach Boys), David Bowie, les Rollling Stones, Guns & Roses, Higgy Pop (son dernier album est le meilleur), Johnny Sanders, Elvis Presley, Pearl Jam, sans omettre Sting…”

On s’arrête là !?!

“Mais non, pourquoi ? Attends la suite. Car les oublier, ce serait un champ des possibles totalement incomplet. Je reprends, Trenet, Brassens, Ferré, Mano Solo, Louis Bertignac, Johnny Halliday, Bashung, Edith Piaf. Elle a été mon premier éveil musical. Lorsque je l’écoutais, tout mon corps tremblait. Là, c’est tout ! Non, j’ai oublié l’essentiel, Jean Louis Murat ! Et honnêtement durant toute ma vingtaine, il y a eu les 3 B : Beach Boys, Bowie, Bashung. Et la base de TOUT ! Bach ! Jacques Dutronc.”

“Ensuite, je suis très sensible aux percussions. Mes batteurs favoris sont Manu Katché, Zaccharie Stratford, le batteur de David Bowie dans les années 90.”

Quelle serait ta philosophie en tant que musicien ?

Là, je vais tenter d’être un peu plus bref ! (Rires). La musique, la peinture et l’architecture sont le langage universel. Ce sont les seuls qui puissent transcender l’espace temps. Car ils sont efficaces auprès des sens. Malgré l’écart, on peut écouter une symphonie de Vivaldi, être toujours autant enthousiaste par son énergie ou touché par les mélodies de Handel !

Je n’apprends jamais mes chansons. J’ai toujours des anti sèches. Tu as vu mon écriture ! Du coup, parfois, c’est que je n’arrive pas à me relire. (Rires).  Donc, j’improvise en permanence lors de mes concerts !
Je déteste le terme de créateur. C’est tellement galvaudé. On ne crée rien. On contemple et on tente de restituer. C’est cela être un artiste ! Lorsqu’un artiste sombre, son auditoire ne le comprend pas.”

Et ton actu ?

“D’abord il y a mon album ! Tu peux dire à tes lecteurs que c’est un super album et qu’il est disponible au téléchargement –> C’est par ici.
Tu l’as écouté, toi ?”
Oui. Quatre fois même. La première fois, juste pour voir si je me laissais bercer par la musicalité. La seconde pour comprendre le texte. Et “séquencer” l’écoute musicale. Et puis une troisième, car j’avais l’impression qu’il y avait dans tes textes deux niveaux de lecture. Et une quatrième fois pour en avoir la certitude. Et depuis en boucle ! Parce que je l’adore !

“C’est en fait une trilogie. Cyclopéen est le premier volet autour du cyclope. D’où le nom ‘cyclope-et-un’. C’est la genèse.”

As tu écrit la suite ?
“Oui, oui ! La suite se nomme ‘Le fils de Cyclope’. As tu compris ? Le fils 2 Cyclope…
Et puis il y a les concerts à venir. Je déborde largement des Cyclopéens. J’interprète au moins quinze titres. On peut retrouver toutes les infos sur ma page Facebook.”

Remerciements.

Je tiens personnellement à remercier Franck, Hervé et Pascal de Ze Baar-Ze Restoo qui nous ont supportés toute la soirée et même une partie de la nuit. Je remercie Jérôme Sanchez grâce à qui j’ai rencontré cet artiste. Et bien sûr, je remercie  Ludovic d’avoir plus que pris le temps d’échanger aussi longuement ! Quelle soirée !

 

 

Les prochains concerts de Ludovic :

Le 23 novembre au Troisième café
rue de Beauce 75003 à 20h30.

Le 6 décembre au Connétable
55 rue des archives 75003  à 20h30.

 

Crédit photographique :
Photos de Ludovic :
photos noires et blanc : Benjamin.
photo couleurs :  Jérémy Spada.
Autres vues : Libres de droits.

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