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Le grand départ du Pauvre Diable. Un slam, une valse à pas lents, une valse à trois temps.

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Ici, une petite réclame :

Il est discret sur lui ce Pauvre Diable. J’avoue, non sans malice, adorer ses intitiales. J’ai déjà écrit pour lui, sur lui. Il ne m’avait rien demandé. Mais, je trouvais que ce n’était pas assez. Ce n’était pas assez précis. J’ai volontairement juste “éfleuré”, juste cité son second opus. Ce “monstrueux” et merveilleux poète m’a mis une claque. Enfin avec son texte, c’était tout comme.
C’est bien une valse à trois temps : Passé, présent, futur.
Il a demandé à ses auditeurs, ses lecteurs, ses correspondants ce qu’était pour eux “le grand départ”.

UN chiffre pour commencer. TROIS.

Le chiffre 3 en numérologie, correspond à la communication, aux échanges, aux petits déplacements, aux activités multiples. 
Et bien, c’est un peu notre histoire à nous trois. Nous sommes trois papas. Trois “P.D.” bien différents les uns des autres. Trois mecs, des vrais, nous avons tous trois menti à nos enfants pour passer pour des Superman. Deux homos et un hétéro. Trois mecs qui un jour en ont eu assez de mentir à l’enfant qu’ils étaient toujours, à l’homme qu’ils étaient devenus et qui ne se reconnaissaient plus dans le miroir le soir ou le matin. Il ne les déformait pas. C’est nous qui avions arrêtés d’ÊTRE VIVANTS. Que voulez vous, nous mouchions notre nez, nous traversions lorsque le bonhomme était vert… Nous étions tous trois bien polissés. C’est vrai, nous devions rentrer dans le moule. Accepter tête basse notre “destinée”.

“Tu as fini ton fils à la pisse !”

Yep !
C’est ainsi que mon “cher oncle”, frère cadet de ma maman,  a dédouané mon père que j’eusse osé asumer mon homosexualité.
Ma fille cadette n’avait que 3 ans et quelques mois.
3 à nouveau dans notre petit concert de coincidences fortuites ou pas.
Mais, dans mon cas, c’est elle qui dans mon histoire personnelle a le plus trinqué. Mon crapaud est devenu une belle jeune femme. Car oui, à sa naissance, elle était laide. Vraiment. E.T. à côté était un premier prix de beauté.
Cet enfant, je n’ai pas eu le choix. Durant six mois, j’ai été son papa et sa maman.
C’est sans doute ce pourquoi la notion de genre, elle ne l’a apprise qu’en entrant en maternelle. J’étais PAMA ou MAPA en fonction de ses besoins.

C’est le jour de mes 36 ans. Drogué par un connard de psy, qu’elle a déclaré fièrement qu’elle allait se marier avec Camille son amoureuse ! J’étais tellement shooté que je n’ai pas pu rire.
C’est çà parfois lire dans un miroir.

En trois temps, comme dans ce merveilleux conte de Noël.
Passé, présent, futur.

Ce monstre qu’est ce fabuleux poète vous demande ce que vous pensez de sa chanson. Qu’il est bien malîn celui qui osera me donner un avis “tranché”.
Personnellement, je m’y reconnais. Mais en trois temps.

Le passé.

Le passé se nomme ce miroir, mes filles, celui que j’aime encore mais qui hélas, un jour n’a pas su résister au grand départ. Sa valise, cela faisait bien longtemps qu’elle était prête. Jusqu’au bout, j’avoue, j’ai fait semblant d’y croire, de ne pas y prêter attention aux signes avant coureurs. Je l’avais supplié d’attendre pour partir d’avoir 70 ans. Son corps lui a fait défaut. Mais c’est moi et tant d’autres qui nous sommes retrouvés stupides sur le quai du port le jour où il est parti, sa valise restée à quai, là, sans lui et nous sans lui. Les années sont passées. Il est vivant au temps passé pour nous, il est pourtant si présent, si actuel. Ses silences me manquent tant, pourtant, du temps, nous n’en manquont pas… Mais ses silences aujourd’hui se conjugent au passé. En vérité, plutôt aux imparfaits. C’est ce que nous les aimions, les imparfaits.

Le présent.

Le présent c’est cet auteur maudit assis sur sa valise dans un aéroport, celui d’Alger. IL lui est interdit de voyager. Pire ce sont aussi ses mots qui doivent ne plus être publiés. Le voici baillonné.  C’est cela la vérité dans bons nombres de pays. Dans 73 pays aimer est passible de prison, de mort parfois. 
Lui assis sur sa valise dans cet aérogare n’a pas le choix. Il doit disparaître du miroir, de la société qui l’a vu grandir, de sa famille qui a su l’aimer malgré ses différences. Encore un qui doit moucher son nez et se la fermer lorque le prof parle. Il ne passe qu’au feu vert. Et pourtant, on le stoppe quand même dans son élan de créativité. 
Son présent est un autre silence. Celui qui rend fou.
Cet homme comme tant d’autres c’est le vrai présent. Pas ceux qui ronchonnent en jaune, en vert ou en multicolor. Lui c’est en rouge et blanc qu’il doit parler.  Pardon, qu’il doit se taire.
Je suis né à Versailles. J’en ai bien eu de la chance. Mieux, je suis né dans une famille qui avait besoin d’un fils. Un mâle qui transmettra nom et titres.
Le présent, moi l’aristo bourgeois, va comprendre pourquoi, c’est en arabe que j’en parle le mieux.

Oh émigrant
Oh émigrant, où vas tu ? Finalement, tu dois revenir.
Combien de gens ignorants ont regretté cela avant toi ou moi.
Combien de pays surpeuplés et de terres vides as tu pu traverser ?
Combien de temps as tu perdu ? Combien encore en as tu as perdre ?
Oh émigré dans le pays des autres, sais tu seulement ce qu’il s’y passe ?

Ce présent se nomme UN INCONNU. C’est son choix ou son devoir, se taire. Se terrer. Rester vivant même murré.

Le futur.

Ce futur est multiple. Il est féminin comme il peut être aussi féminin, pardon les mecs, masculin. Elles se prénomment May Lan, May Bich, May Kim en vietnamien. Jérôme et Abdelatif viennent compléter le tableau. Le futur, c’est l’inventivité d’un papa qui en a eu assez de mentir à celles et ceux qu’il aimait. Le futur, ce n’est pas toujours drôle, c’est une somme d’imprévus. Le futur c’est que mes enfants me disent qu’ils , qu’elles préfèrent écouter le Pauvre Diable plutôt que mes sermons.
C’est vrai, c’est dingue, mais le matin en me rasant, le miroir , vraiment, avec leur avenir, avec nos futurs, promis, ce miroir, je ne suis pas prêt de le briser. 

Voilà, tu as ta réponse en trois temps et à temps. A présent, c’est moi qui attend.

 

Tu as tout ton temps…
C’est aussi à d’autres personnes, d’autres enfants que je dédie nos mots et nos inquiétudes.Elles se prénomment Camille et Pénélope. Lui, c’est Romain.

Réellement,nous trois nous avons de la chance d’être de “pauvre diables”.

Ici, une petite réclame :

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Par publié le 21 août 2020

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