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Avant qu’elle ne s’efface, la mémoire est mise en lumière, en noir et blanc.


24 janvier 2020 - lemarquis


Mon fils allait à Sion. Il s’est souvenu de moi. Il m’a dit être dans le train. Prendre enfin le temps de me parler de ce qu’il voyait. C’est mon héros, c’est mieux, c’est mon enfant. Mes filles le sont tout autant.
Mais lui, ce salopart sait bien que dès qu’il bouge, je m’inquiète.
Je n’ai qu’un fils et ses soeurs en sont fières.
Et cela n’a aucun prix.
Pas parce qu’il est mon fils. Mais parce qu’il aime et qu’en retour il est aimé.
La haine n’a aucune place dans l’humanité.
C’est une option non négociable. C’est mon fils qui m’a adopté.

”Mémoire d’un sourire ”.

Hier, jeudi 23 janvier , nous célébrions le 75e anniversaire de la libération du camp de concentration d’Auschwitz.
Quel ”drôle ” d’anniversaire.

Le devoir de mémoire est sacré.

Pourtant, la majorité des Français ne sait plus que la folie nazie a tué plus de 3,5 millions de juifs.
Nous pouvons ajouter qu’au total, seule 48 % de la population de confession juive d’Europe a survécu au régime nazi. Ils étaient plus de 11 millions à travers l’Europe en 1930.
C’est plus de 5,5 millions de personnes qui sont morts dans ces camps de l’Horreur.
Combien également d’opposants politiques ?
Combien de personnes ne répondant à la norme aryenne, malades, tsiganes, homosexuelles, j’en passe et des bien pires ?
Des chiffres à faire froid dans le dos, tant l’épouvante à ce niveau n’a plus de nom. L’impensable a bien eu lieu.
Je porte des lunettes, je suis gay et juif selon les critères nazis. Aucune chance de survie.
J’ai mis longtemps avant de pouvoir aller à Paris au Mémorial de la Shoah.
J’y vais rarement. Deux fois seulement depuis son ouverture. Je ne suis pas un adepte du SM.
Pourtant , comme pour honorer la mémoire sans la voir , je passe souvent , juste, à côté.

Je bénis le Ciel que ma grand-mère et sa soeur soient passées entre les mailles du filet. Secret de famille longtemps tu. Et pour cause .
Les relans antisémites courent toujours. L’homophobie court toujours.
La Haine de l’Autre court toujours.

Nous sommes en 2020, mais pourtant , rien, absolument rien, n’a changé . La haine de l’Autre est toujours plus forte que tout.

Accabler l’Autre de ses propres malheurs rassure .
Haïr l’Autre plutôt que chercher à le comprendre est plus confortable .
Dire à l’Autre qu’il est ”con” est plus aisé lorsqu’il ne partage pas votre opinion.
Salir l’Autre parce qu’il ne partage pas vos traditions, votre mode de vie ou votre couleur de peau est plus facile que simplement l’écouter, tenter de le comprendre sans le juger.

C’est pour cela aussi que nous nous battons sur Inverti. Pour éviter que la différence soit cause de haine. Les seuls personnages que nous combattons sont les haineux, d’où qu’ils viennent. Même lorsque parfois, ils ”sortent” de nos propres rangs.

Avec David, nous ne sommes d’aucune couleur de peau, d’aucun parti politique, d’aucune ”sexualité”, d’aucun sexe, ni d’aucune confession. Si d’une seule, nous avons Foi en l’Humanité.

C’est pourquoi, nous nous permettons de reprendre le propos de Grégory Bec sur Rejine Halimi artist et nous vous laissons découvrir ses mots à lui, sur une belle personne comme elle et sur son travail.

75 ans de la libération d’Auschwitz.
Cette date symbolique et ce devoir de mémoire qui est plus que jamais le nôtre, m’offrent l’occasion de partager avec vous le puissant travail d’une de mes amies Rejine Halimi, artiste peintre et photographe, femme de talents, de coeur et d’engagements, à laquelle j’adresse toute mon admiration et affection.
A travers ” Mémoire d’un sourire” qui est à la fois une exposition et un livre ( actuellement épuisé), elle met en lumière des survivants de l’holocauste. “Ces portraits sont ceux de personnes âgées auxquelles on ne parvient plus à donner un âge. Les visages sont posés sur le papier glacé et illuminent le regard du spectateur. Ces gens-là sont des anonymes. Ils habitent cet EHPAD de la Porte des Lilas, la Résidence Amaraggi, formidablement dirigée par Annie Mélihan-Cheinin, (laquelle a investi énergie, enthousiasme, ténacité et grandeur d’âme pour que vive ce projet).Tous ces témoins partagent le souvenir d’une enfance meurtrie par l’occupation allemande et l’épouvante des camps. Ils ont perdu leurs parents, ou eux-mêmes ont fui la mort. Et parfois, ils racontent, à travers cette expérience photographique, que la vie n’a jamais plus été comme avant, a fortiori quand ils se retrouvent dans une maison de retraite, le corps ralenti par l’âge.Pourtant, malgré la gravité du sujet, c’est la vie qui domine cette oeuvre photographique. L’artiste, Rejine Halimi, a subi la disparition de son propre père, dans cette maison de retraite de la Porte des Lilas, où elle a passé des semaines entières à capter des émotions et des visages. La photographe, dont l’activité principale demeure la peinture, saisit des regards, des bonheurs, des joies, des larmes aussi, et restitue une Histoire universelle, celle de ces hommes et de ces femmes que l’infamie populiste et guerrière a traumatisés pour le reste de leur existence. Il y a beaucoup de dignité dans ces visages. Des paroles brèves, intenses accompagnent les portraits ( à lire, ici sous chaque photo), comme des apostrophes à une histoire dont il faut rappeler avec urgence qu’elle pourrait se reproduire, à l’aune de la montée inquiétante des populismes et des agressions antisémites ou racistes.”( Laurent Cambon ).

Je vous invite à vous rendre son site où vous trouverez des vidéos, des articles, des liens vous permettant de découvrir plus en profondeur ce magnifique travail : https://www.rejine-halimi.com/memoire-dun-sourire-residenc…/

 

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