Édito : Bars et discothèques – les responsables de l’inefficacité de la lutte contre la Covid !

Le Gouvernement tourne en rond avec des mesurettes mettant à mort le monde de la nuit et du spectacle et fragilisant toujours plus la santé mentale des Françaises et des Français !

Hier soir, le 1er Ministre Jean Castex a une nouvelle fois pointé du doigt les Français et les Françaises pour leur mauvais comportement. Pour cela, le gouvernement s’appuie sur des chiffres.

Durant la semaine du 15 décembre au 21 décembre, les tranches de 20 – 40 ans sont les plus touchés par les contaminations. C’est la population la plus active de France entre le travail, le transport, les courses et les loisirs. C’est hélas également la population qui doit attendre la dose de rappel. Dans certaine ville de France, il y a plus d’un mois d’attente.

Où nous nous contaminons le plus ?

Sans grande surprise, c’est bel et bien dans les lieux clos et là où nous ne portons pas le masque. The Lancet Regional Health  et l’Institut Pasteur ont apporté des éléments de réponses fin novembre. Les travaux ont porté sur la période du 23 mai au 13 août, ce qui correspond à la réouverture progressive des lieux publics après le troisième confinement et à l’apparition du variant Delta sur le territoire français. L’Euro a fait très mal avec les bars et les soirées à domicile. Il y a aussi les discothèques, favorisant les rapprochements, ainsi que les bars et dans une moindre mesure les transports. L’été, il y a moins de monde et une très bonne ventilation.

L’automne et les variants changent la donne.

Transports moins aérés et saturés, notamment en Île-de-France, les bureaux et les salles de classe pas équipés de détecteurs et aussi moins aérés font que la tranche d’âge 10 – 19 ans s’approche des taux de contamination des tranches 20 – 50 ans. Le problème avec les très jeunes, c’est qu’ils ne développent pas forcément les symptômes, mais peuvent être très contagieux.

Nombre de personnes en réanimation.

Toujours d’après le site Covid Tracker, le nombre de personnes en réanimation reste important, mais la situation est loin d’être la même qu’en 2020. La population a changé. Nous retrouvons les plus touchés en réanimation (20 – 50 ans) mais aussi de plus en plus de jeunes. Ce sont les populations qui n’ont pas pu bénéficier en priorité de la vaccination.

Les hôpitaux aux bords du gouffre.

C’est bien là le problème. Souvenez-vous, le premier confinement était pour éviter la saturation de nos hôpitaux, en mars 2020. Depuis, de nombreux politiques dénoncent le manque de moyen cruel dans nos hôpitaux. Depuis Mars 2020, le personnel hospitalier ne chaume pas. À cela il faut ajouter le personnel malade ainsi que celles et ceux qui n’ont pas de schéma vaccinal complet et donc ne peuvent exercer.

Contrairement à certaines rumeurs, le nombre de lits en réanimation n’a pas baissé. Comme l’indique une enquête de Radio France, les lits ouverts pour faire face à la pandémie ont été fermés puis rouverts face aux différentes vagues. La France se positionne même dans la moyenne haute européenne, derrière l’Allemagne.

De nombreux politiques français dénoncent tout de même le manque de création de lit et une politique de fermeture de lit dans plusieurs autres services.

L’exemple anglais.

Ce qui peut nous faire mal, c’est la comparaison. Au Danemark, Pays-bas, Italie ou Espagne, les restrictions deviennent très importantes. Au Royaume-Uni et plus précisément en Angleterre, les restrictions sont plus ou moins présentes. Même si les Anglais connaissent dix fois plus de cas qu’en France, ils sont soumis à quelques gestes barrières.

Récemment, Boris Johnson a dû s’appuyer sur le soutien des travaillistes pour faire passer un dispositif pourtant léger, comme un passe sanitaire uniquement pour les boîtes de nuit et les grands rassemblements, ou le port du masque en intérieur sauf dans les pubs et les restaurants. Les Conservateurs sont contre des mesures restrictives ciblées.

La santé mentale inquiète les professionnels de santé.

Ce n’est pas le cas de la France avec un gouvernement qui continue de cibler, essayant de dompter la vague. Hélas, en ne mettant pas des moyens là où il faudrait, dans le monde médical, la France se condamne à maintenir son économie sous perfusion, fermant, selon les annonces, plusieurs activités ou les mettant sous contrôle. Le gouvernement Castex préfère mettre les Françaises et les Français dans un schéma métro boulot dodo oubliant la santé mentale de ses citoyens et citoyennes. Car pour palier la crise hospitalière qui dure depuis de nombreuses années, le gouvernement supprime les loisirs des Français ou les restreint fortement, privant de nombreuses personnes de contacts humains leur permettant de sortir de leur solitude.

Selon l’INSEE, en 2018, 15 à 20 % de la population active vivait seule. Ce chiffre monte à plus de 50 % pour les personnes retraitées. Les psychiatres ont pourtant à plusieurs reprises alertés sur la situation. Dès le début 2021, de nombreux médecins interpellent le gouvernement. Sur RTL, Serge Hefez, psychiatre à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dénonçait les effets dévastateurs de la crise sanitaire sur la santé mentale de nombreux Français.

La santé mentale, grand tabou et grande oubliée des politiques. Néanmoins, ceci pourrait être une bombe à retardement. Selon l’Observatoire-Place de la santé sur la santé mentale de la Mutualité Française, le taux de suicide en France est de 13,2 pour 100 000 habitants. Ce taux est l’un des plus élevés des pays européens de développement comparable (10,5 pour 100 000 habitants en moyenne).

Si le taux de suicide des adolescents est relativement faible par rapport aux autres classes d’âge, le suicide est en revanche la deuxième cause de mortalité des 15-24 ans après les accidents de la route, avec 15,2 % des décès de cette classe d’âge en 2016.

Par ailleurs, la France figure parmi les pays pour lesquels le suicide des personnes âgées est le plus élevé, même si celui-ci tend à diminuer ces dernières années.

Les bars, les restaurants, les discothèques, les ginguettes, ces lieux de vie sont peut-être des lieux où nous nous contaminons le plus, mais ils restent des lieux où les Français et les Françaises prennent du plaisir. Mais il est vrai, que le plaisir ne pèse pas lourd dans la rentabilité immédiatement chiffrable. Dommage, beaucoup de vies en dépendent malheureusement.

 

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