inverti : toute l'actu gay (lgbt), geek, sport, culture…

La communauté gay qui casse les codes – Gay, Geek, Sport, LGBT… N'ayez plus honte d'être inverti !

Nous sommes Charlie…


07 janvier 2020 - lemarquis


Nous n’oublions pas.

Je n’oublie pas non plus mes origines, ”mes religions ”, encore moins mon éducation.
Je n’oublie que mes parents et grand parents m’ont avant toute autre chose appris à savoir dire quatre mots : ” bonjour”, ”merci” et ”au revoir ”. C’est le début du respect de l’Autre.
Ces quatre mots ne sont pas une philosophie. Ces quatre mots sont l’essence même de ce qui nous définit comme Être Humain. ‘‘Bonjour ”, ”merci” et ”Au revoir”. À ceux là, j’en ajouterai un cinquième, ”merde” ou ”non”, fonction des circonstances. Car savoir dire ”non”, c’est respecter l’Autre et se respecter soi-même.
Ces fous ne connaissaient pas, plus, l’humanité.

Combien de vies outragées, salies à jamais ?

Combien de familles meurtries, blessées, violées, par quelques absurdes personnages que je ne qualifierai jamais d’humain.

J’aime les personnes qui me font douter, comme celles qui me font rire, pleurer, chavirer ou me font dire ”non, là, tu vas trop loin”.

Je n’ai pas trop été à l’école de la République, mais dans d’autres, Guy Konopnicki. Mais oui, l’éducation, la Culture, le respect de l’Autre, la liberté d’expression, le respect de l’artiste ou de l’écrivain ou du bribeur, oui, ce sont des valeurs que je ne suis pas prêt à abandonner, ce sont celles là qui m’ont été inculquées.

Moi, homme de foi, républicain au plus profond de mon être, ces gestes là, je ne les accepte pas. La vie n’a pas de prix. Aucune religion, philosophie ou politique ne doit, ne peut permettre ou tolérér la Haine de l’Autre. Sauf justement, celles et ceux qui pour assoir leur pouvoir falsifient la Vérité et opprime. Ce ne sont plus des humains, encore moins des animaux, mais bien des personnages.

Cabu, cet anar amoureux de l’Autre vit toujours en moi.

Nous n’oublirons jamais.

Lorsque je lis,entends,vois d’aucunE remettre en cause le journalisme, je me souviens et fais des tâches d’encre en forme de mots &non de sang. La haine n’a pas sa place en France.

Inverti est Charlie.

Merci Guy.

Cinq ans…

“ni le chagrin, ni la colère ne m’ont quitté. Le chagrin, bien sûr, m’appartient. Je revois Tignous, le 6 janvier, devant sa table de travail, à Marianne, passant de la couleur sur ses dessins de la semaine. Je me souviens de Bernard Marris, de sa profonde humanité, de la gentillesse de Cabu. Je pense à ce jour lointain, où Topor m’a fait découvrir Honoré, cet extraordinaire artiste. J’entends Wolinski m’inciter à écrire un Candide. Je continue mes discussions avec Charb, à propos du communisme, des gosses des banlieues et de l’islam. Je n’ose regarder les dessins, les dédicaces des livres, les photos des jours heureux…
Les morts du 7 janvier n’étaient pas tous des inconnus. Et je revois, aussi, deux jours plus tard, les images d’un lieu familier. Ces grands immeubles de la Porte de Vincennes, le pont métallique du chemin de fer de petite ceinture. Le quartier de mon enfance, celui où mes parents ont vécu jusqu’à la fin, en 2011 et 2012. Le magasin casher, qui avait déçu mon père, lors de son ouverture, parce qu’on n’y trouvait pas de hering, ni de pickel fleish comme chez nous. Nous avions vécu un temps, où l’on entendait parler yiddish dans les cafés de la Porte de Vincennes, sans qu’il y eût de commerces casher. Et l’on tuait froidement des juifs, à cet endroit où mes parents s’étaient installés, après la guerre, pour revivre et élever des enfants avec l’espoir qu’ils ne connaîtraient jamais l’antisémitisme meurtrier. Après mes amis de Charlie, ils ont assassiné mes souvenirs d’enfance. Ce quartier était celui des jeux insouciants, des flonflons de la Foire du Trône, et d’une adolescence enchantée par les nuées de filles qui sortaient du lycée Hélène Boucher. Ici, des juifs ont été assassinés, parce qu’ils étaient juifs. Tout près de mon école communale, de mon collège, de mon dernier lycée, ces temples de la République, où nous avons appris à aimer la France, ce pays où les hommes naissent libres et égaux, où nulle religion n’impose sa loi, où la fraternité unit les citoyens, par delà les confessions…
La colère m’habite toujours, quand des salopards et des crétins justifient le terrorisme et cherchent des circonstances atténuantes aux assassins. Non, je ne puis pardonner, pas plus que je n’oublie ces amis si précieux, ni ces inconnus, assassinés par des lâches, à Charlie, à Montrouge et à la Porte de Vincennes.”

Guy  Konopnicki.

Donnez votre avis !

Lire les articles précédents :
Bisou gay du dimanche : Sense8

Un petit gif animé pour vous rappeler un très bon souvenir. Le baiser gay du dimanche nous vient d'une série...

Fermer