Fierté LGBT ?

La Marche des Fiertés passée, les tensions entre les différentes associations ne se sont pas tues. Les commentaires de certains homosexuels ou autres LGBTIQ+ qui préfèrent rester cachés non plus. Ne parlons pas des homophobes qui eux, restent fort actifs, toujours un peu plus à chaque fois que la visibilité LGBTIQ+ se fait un peu plus importante.

La petite musique des petits maux…

Et puis, il y a aussi cette petite “musique” lancinante de “petits” propos qui l’air de rien n’en restent pas moins de “petits” propos “phobes”. Oh, ce n’est que trois fois rien du tout, ces petits riens qui laissent un sale goût dans la bouche. Non. Pas plus que lorsqu’une femme se fait agresser de quelques quolibets pas méchants “mais elle l’ a bien cherché. Tu as vu son comportement ? Sa tenue ? Son je ne sais quoi qui n’est pas comme moi ?“. Pas plus que “je ne suis pas raciste, je trouve mon épicier arabe très courageux, mais là, tous ces migrants qui nous envahissent“. Pas plus que ne peuvent l’être ces petits propos qui sont à l’encontre de ceux qui voient différemment “c’est normal, il est…“. Ou mieux encore, lu en commentaire sur un groupe homosexuel par un homosexuel critiquant la “tenue ou l’attitude” de certains LGBTIQ+ au cours de la Marche des Fiertés et de ce qu’en font les médias… Les propos vont au delà de mon désarroi et parlent d’eux même :

Ce que montre les médias c’est une partie infime de ce qu’est la Gay Pride mais malheureusement ce sont ces images que la plupart des gens en retiennent….
Je vous donne un exemple les parents de mon compagnon avec qui je vis depuis 14 ans.
À chaque fois qu’ils voient des images de la Gay Pride à la télévision nous disent “vous n’êtes pas comme ça vous heureusement”….
Je suis gay et masculin et je n’ai pas besoin de travestir en fille pour revendiquer et assumer ce que je suis.

Que cet homme a raison… ou ses parents surtout. “Ça” est dérangeant. Car bien sûr ce ne sont pas des personnes qui sont ce “çà”. Non, cela n’aurait pas d’importance sinon.

Et donc, me voilà avec une vraie bonne colère froide !

Cette colère froide n’est pas dirigée vers un individu. Non, elle nous concernent tous, moi y compris. Comment encore en 2018, en France sommes nous en capacité à accepter que l’autre soit mis dans “çà” ? Nous avons tous une opinion politique ou religieuse différente. Certes. Nous avons même reçu une éducation différente, un milieu social ou régional différent, également. Que le comportement des uns ou des autres ne soit pas notre tasse de thé, je le veux bien, mieux, je le comprends et abonde dans ce sens. Moi même, certains propos, pratiques ou façons de vivre ne me conviennent pas et je ne les comprends pas. Pour autant, dois je moi, du haut de ma superbe, me permettre de les juger, critiquer ? Non. Et si je le faisais, de quel droit ? Qui suis je pour me permettre de juger ou d’agir à l’encontre d’un(e) autre ?
Et en quoi le comportement d’un tiers “bouleverse” votre vie ?
J’admets que cela est et restera à jamais pour moi LE mystère de ma vie.

Aussi, je vais juste vous apporter un témoignage de phobie ordinaire et une lettre ouverte à une autre victime de l’intolérance. Car j’avoue que depuis le 21 juin je n’en peux plus de voir, lire et entendre que l’homophobie gronde et se montre plus que jamais présente. Peut être qu’il n’y en a pas plus qu’avant, peut être que nous devons tous la montrer, la déclarer et la faire connaître, mais je ne la supporte plus. Pire, toute forme de discrimination ou agression me rend de plus en plus malade ou colérique. Et comme ma nature veut que j’encaisse sans broncher mais qu’arrivé à son paroxysme ma colère doive s’évacuer, je l’admets, là, je risque fort de ne pas m’en remettre de sitôt.

Je lui masse les cervicales…

Un homme et son ami se baladent dans la rue. Rien ne les distingue des autres et encore moins leur orientation sexuelle. Et permettez moi de vous dire que le témoignant est tout sauf “homo normé”, si tant est qu’il puisse y avoir une norme. Et pourtant…

Hier, le 3 juillet, j’étais dans la rue avec un ami. il avait mal au cou. Les cervicales. Tout en marchant, un groupe de jeunes adolescents (15ans) nous demandent une clope. Mon ami répond “NON”. Il nous disent “faites pas les radins”  en nous balançant des insultes homophobes (juste parce qu’ils m’avaient vu masser le cou, tout en marchant à un ami !)
Puis agressions physiques…
Après cet échange musclé je raccompagne l’ami. Ils m’interpellent en me disant d’écouter le portable qu’une fille me tend en mode haut parleur : le lecteur me dit “qu’il allait me fracasser la tête et que j’étais un homme mort”.
Les agresseurs, une fille qui a un caractère de petit mec très agressif, une autre fille et un jeune homme.
Cela c’est passé dans mon quartier à Nice Nord…
Pour dire que le combat est rude sans être pessimiste…

Pour un baiser…

Il y a quelques jours, un jeune étudiant argentin de 28 ans a été agressé par une bande parce qu’il venait d’embrasser un garçon. La police a qualifié l’attaque, qui vaut au jeune homme une immobilisation de deux mois et une longue rééducation, d’« agression avec vol et tentative de vol ».

L’un ayant fait une chute de quatre mètres sur le quai, heureusement survivant dans le Rhône. Quant au second, il se retrouvât brutalisé également mais “indemne”.
Et puis, ce même jour, j’apprends également qu’un correspondant est obligé de “bloquer” sur Facebook certains amis ou proches pour éviter des pressions sur sa famille en France ou en Arménie. Là, j’admets que je n’en peux plus. Je suis comme dévasté, anéanti.
A cela, je n’ai pu qu’écrire dans une vraie rage folle que cette lettre ouverte à ceux qui daignent bien la lire en pensant bien sûr surtout et avant tout à toutes les  victimes d’intolérance d’où qu’elle vienne et qu’elle qu’elle soit…

A l’enfant de 13 ans,
Aux autres victimes, je vais m’adresser à un homme de 28 ans qui pourrait être mon fils, un camarade, un ami.

” Julian,

C’est d’abord vers toi que vont mes pensées, toute mon affection paternelle, ma solidarité humaine et confessionnelle.
Ensuite à ton ami, qui a subi l’acte sans pouvoir finalement intervenir. Il ne peut par un acte d’affection être responsable de la “bêtise” humaine.
Soignez vous. Avancez. Gardez auprès de vous ceux qui vous sont chers… continuez a sourire ou recueillir le sourire des autres.
Ne baissez pas les bras. Ne soyez pas forts , restez humains, fiers des hommes que vous êtes et promis, je vous retrouverai au détour d’une rue ou d’un instant surprenant épanouis. L’un avec l’autre ou chacun parti pour suivre d’autres horizons.

Pour un baiser.
Et c’est bien là que le bas blesse. .. Pour un baiser.

La police ne retient pas le caractère homophobe. Aucun propos ne fût échangé. Ainsi la plainte se glissera plus dans les aléas des affaires non résolues.
Classée sans suite sauf si par malheur un portable ou quelques personnes se mobilisent.
Je ne critique en rien certains policiers. Je critique le cynisme de certains.

A Arles, il ne se passe rien non plus.
Préfet, élus se montreront soucieux du dossier… surtout à l’éluder.

La question est plus vaste. Le sujet plus grave.

Pour un baiser. Un humain a failli perdre la vie en France en 2018.

Sommes nous aveugles ? Sourds ? Muets ?

Est ce cela la Patrie des droits de l’homme et du citoyen ?
Est ce cela, prélats, pasteurs, imams ou rabbi et les autres ce que vous prônez ?

Qui accepte ainsi cette violence gratuite ? Qui à part quelques fous est en capacité de la défendre ?

Je ne vais parler que pour moi.
“Aimer vous les uns les autres comme je vous ai aimé”. Honte au chrétien qui me ressortira tous les fantômes des cauchemars du temps ou certains Chrétiens valaient moins qu’ un chien.
Honte aux hommes de foi et qu’ elle qu’ elle soit qui acceptent la violence face à un acte qu’il ne comprend pas.

Honte à ceux qui se disent républicains et méprisent ce pour quoi ils sont élus et devant quoi ils font lois, décrets, décisions. Trois mots, une femme au sein nu.

Aussi Tristan, ton ami, vos familles et amis, je me dois de vous présenter mes plus plates, chrétiennes et républicaines excuses de ne pas savoir encore faire assez. Mes frères, fils, à chaque insulte à chaque coups je me souviendrai de vous.

Aux imbéciles, abrutis, mécréants qui ont agi ainsi. Aucun dieu ou homme ne vous soulagera de votre cruauté.
Vous faites pitié.
J’espère qu’ un jour Tristan et son ami auront la force eux aussi de vous pardonner.

Car Dieu ayant crée l’homme à son image, je le crains, risque fort de ne pas vous pardonner le fait que vous vous soyez attaqué à Lui.

Pour un Baiser.”

Cela est sans doute mieux.
On se tait ensuite ?
Qui laisserons nous encore sur le chemin ?”

Courage et sourire…

Malgré tout et en en discutant avec d’aucuns qui se sont eux même retrouvé confrontés à ce type d’actes, nous ne devons pas baisser les bras et encore moins nous taire. Mais permettez moi de me reposer un peu grâce à vous, à ceux qui m’accompagnent au quotidien aussi pour vivre autre chose et autrement. Vous savez, ce petit truc dingue qui en anglais ne comporte que quatre lettres : Love !

Bonne semaine à tous.

Votre dévoué,

Crédit photographique : Mon cher Lolo d’amour (pas de lien, quelqu’un pourrait me le piquer !)

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